mercredi 21 mars 2012

Jeter un seau d'essence sur un incendie



Le quotidien Le Figaro héberge des chroniqueurs de renom, que les télévisions ont la complaisance d'inviter, comme des représentants de la pensée bien à droite si chère au journal de Serge Dassault.

L'un d'entre eux, parfait partisan du choc des civilisations version Karl Rove, nous explique que ceux qui dénoncent le racisme, comme François Bayrou qui dénonçait lundi "l'intolérance" menée par "ceux qui montrent du doigt en fonction des origines" se retrouvent confrontés à leur aveuglement et à leur lâcheté sur la montée en puissance de l'islam radical en France. C'est même le titre de son billet : "ces moralistes qui ont couvé un monstre".

En effet, pour le chroniqueur, "le barbare, Mohammed Merah, 24 ans, Français d'origine algérienne, soutenu semble-t-il par un réseau familial, se réclame d'Al Qaïda, du jihad et de sa guerre menée contre l'Occident et les mécréants.
 Il est le prototype du nazislamiste qui avait fait se rapprocher naturellement, durant la dernière guerre mondiale, le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini et Adolf Hitler.
 Ceux qui mettent en garde, en vain, contre les germes d'une guerre civile en France seront-ils enfin entendus ?".

Dans sa réflexion, il n'est pas très loin d'Alain Finkielkraut :

«Le philosophe français Alain Finkielkraut a prévenu que “l’idée généreuse d’‘une guerre contre le racisme’ se transforme petit à petit en une idéologie monstrueusement mensongère. Et cet antiracisme sera au XXIe siècle ce que fut le communisme au XXe: une source de violence” [ce, dans une interview au quotidien israélien Haaretz, le 17 novembre 2005, ndlr]

Il se trouve que cette citation fait partie du manifeste de Anders Behring Breivik,  «A European Declaration of Independence – 2083».

Ainsi, si le chroniqueur du Figaro dénonce le fait, que selon lui, "le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous !, exclusivement consacré à la mise en accusation d'Israël, est de ces conditionnements qui ne peuvent qu'exciter des esprits fanatisés par le mythe du juif tueur d'enfants", il ne doit pas oublier que sa propre manière de penser peut inspirer elle aussi d'autres esprits fanatisés, mais européens et chrétiens.

Le billet d'Ivan Rioufol n'a qu'une utilité, attiser encore plus la psychose ambiante, marquée par le souvenir de la guerre d'Algérie dont on commémore le cinquantenaire des accords d'Evian, et en utilisant le délire d'un psychopathe comme significatif d'un choc des civilisations. Behring Breivik est-il surtout un fou isolé ou surtout le représentant d'une pensée fanatique occidentale et chrétienne ? On doit se poser les mêmes questions sur M. Merah.

Ivan Rioufol vient de jeter un seau d'essence sur un incendie, comme un Pierre l'Ermite des temps modernes.

9 commentaires:

gauche decombat a dit…

bravo. Bon billet. Parler d'"islamonazisme" est d'une telle affligeante inculture et absence de cohérence intellectuelle...

Manuel a dit…

Oui Bravo, même s'il est facile d'être d'accord concernant Roufiol...

Anonyme a dit…

Raufer a essayé de faire la meme chose au début chez Calvi.

Didier Goux a dit…

Le billet de Rioufol est maladroit, excessif et mal foutu.

Cela étant, parler d'islamonazisme ne relève pas du tout de l'inculture mais de l'amalgame inutile. en règle général, si l'on pouvait toujours éviter de faire référence au nazisme à tout propos, ça ferait des vacances à tout le monde.

Mais, à ma connaissance, ce ne sont pas les gens de droite qui manient le plus volontiers ce gourdin-là…

lejournaldepersonne a dit…

Ma défaite
Elle : Dis-moi pourquoi dans tes dessins, tu mets la lune et le soleil en même temps ?
L'enfant : parce que, ce sont deux astres qui se regardent sans se voir !
Elle: tu veux dire qu'ils s'ignorent l'un, l'autre ?
L'enfant : disons que ce n'est pas le grand amour
Elle : pourquoi?
L'enfant: parce que l'un chasse l'autre...
Elle: comme le jour et la nuit?
L'enfant: oui comme le jour et la nuit
Elle : ils font peut-être semblant de s'ignorer
L'enfant: et pourquoi ils feraient semblant ?
Elle: je ne sais pas moi! pour que nos yeux se reposent
L'enfant: je t'aime... parce que tu ne ressembles à personne
Elle: tu sais, c'est peu à peu que l'on devient comme tout le monde
L'enfant: tu es malade... mais tu existes plus que quiconque
Elle: parfois... il m'arrive de crier très fort pour montrer que je ne suis pas morte!
L'enfant: pourquoi tu dis ça ? Je ne m'ennuie pas
Elle: je t'autorise à t'ennuyer, mon bébé, je t'y autorise, tu sais!
...
Elle: de quoi j'ai l'air ?
L'enfant : l'air d'une guerrière, qui n'a pas réussi à retrouver la paix
Elle: Mais suis-je toujours la même ou est-ce que j'ai changé ?
L'enfant: même quand on change, on reste toujours les mêmes
Elle: tu veux dire que je ne guérirai jamais ?
L'enfant: non... tant que tu refuses de guérir
Elle: et qu'est-ce qu'il faut faire pour guérir ?
...
Elle: il y a peut être des choses qu'on voit et qui n'existent pas... et d'autres qu'on ne voit pas et qui existent ?
L'enfant: qu'est-ce qu'il y a en dehors de ce que je vois ?
Elle: la voix, par exemple.
L'enfant: quelle voix ?
(Et on entend une belle voix de soprano)

Elle : Tu ne l'entends pas ? ... où est passée ton oreille ?
...
Elle: elle m'est familière... tu ne l'entends pas ? C'est une vibration de l'air émise par le ciel!
L'enfant : c'est la voix de qui?
Elle: c'est la voix ... de Dieu
L'enfant : je ne sais pas qui c'est !
Elle : moi non plus ... mais je l'entends comme je t'entends...
L'enfant: et qu'est-ce qu'elle dit ?
Elle: elle dit que le jour c'est aussi la nuit.... que la nuit c'est aussi le jour... que toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées et amoureuses les unes des autres...
L'enfant: et les crimes... c'est de l'amour aussi?
Elle : tu veux parler de ce criminel hors série?
L'enfant: A l'école on dit qu'il a déterré la hache de guerre
Elle: il n'y a pas que lui... il y a nous, qui creusons des fossés pour s'enterrer les uns, les autres.
L'enfant : je n'en vois pas l'intérêt ?
Elle : eux, ils le voient, ça s'appelle la cruauté
L'enfant : pourquoi la cruauté ?
Elle : parce que l'amour est sans intérêt...
L'enfant : tu veux dire désintéressé ?
Elle : oui désintéressé.... donc il n'intéresse personne
L'enfant : et la cruauté, ça leur donne quoi de plus ?
Elle: la force de faire le mal en se sentant bien...
L'enfant : tu crois qu'il a tué parce qu'il est bête ou il est méchant ?
Elle: l'histoire a montré que les moins bêtes sont souvent les plus méchants!
(Et elle ferme les yeux)
L'enfant : pourquoi tu fermes les yeux ?
Elle : je crois que je vais ... m'endormir...
L'enfant : Non... je t'en supplie... ne t'endors pas.... maman !


http://www.lejournaldepersonne.com/2012/03/ma-defaite/

Manuel a dit…

Il dit quand même un nombre de conneries assez incroyable en peu de lignes...
Des paras "d'origine musulmane", un "réseau terroriste familial"(2 frères...)
Journaliste, Roufiol? wow, le niveau du journalisme est très bon dans ce pays!

cécile a dit…

C'est ce que j'exprime sur mon ultime papier de blog, lasse. Un amalgame qui j'espère ne provoquera pas la fin tragique de cette campagne, c'est-à-dire la réelection de NS...

dima a dit…

Un autre point de vue aux antipodes de la pensée unique actuelle : à débattre après réflexion...

Les enseignements de Toulouse

http://www.tariqramadan.com/LES-ENSEIGNEMENTS-DE-TOULOUSE,11912.html

PS: pour NS, c'est bien parti...

dima a dit…

Edwy Plenel, encore et toujours fidéle parmi les "rares" fidéles de la vocation d'A. Londres -Notre métier, n’est ni de faire plaisir, ni de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie-, expose un autre regard "démocrate" sur les événements de Toulouse :

(...) Ni rire ni pleurer, mais comprendre. Enoncée par Baruch Spinoza, cette exigence est celle de la raison. C’est celle de l’esprit des Lumières et de l’ humanisme de la Renaissance. Celle d’une pensée qui ne cède pas aux passions tristes de la haine et de la violence. Face à des actes terrifiants comme ceux de Mohamed Merah qui, a priori, nous semblent incompréhensibles tellement ils blessent notre humanité, comprendre ne signifie évidemment pas excuser, mais apprendre pour faire en sorte que cela ne se reproduise pas. Apprendre pour prévenir. Apprendre, y compris de l’inhumanité de l’homme. Le sarkozysme ne l’entend pas ainsi. Le président-candidat et son parti, l’ UMP, rêvent de mettre en congé la démocratie et, avec elle, l’intelligence. (...)

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29954