jeudi 10 mai 2012

François Hollande, président de la République


Le Conseil constitutionnel a proclamé ce jeudi matin les résultats définitifs de l'élection présidentielle. François Hollande est le nouveau président de la République, élu avec 51,6% des suffrages (18 000 668 voix) contre 48,4% (16 860 685 voix) à Nicolas Sarkozy.
(source Le Parisien)

J'ai découvert François Hollande en 2002, quand il avait invité à Paris les nouveaux adhérents au PS, dans l'entre-deux-tours cornélien qui avait motivé cet engagement soudain.
Il m'avait fait fort bonne impression. Certes, si j'avais choisi la voix du NPS, déjà à la suite de Montebourg, je restais sur cette rencontre fugace et sympathique.
A l'automne dernier, il est venu à Arles, comme candidat aux primaires, j'en avais parlé ici. Je l'attendais en haut des marches menant à l'auditorium de l'espace Van Gogh, cet ancien hôpital où le peintre de Hollande (!) avait séjourné… et qu'il avait peint.

Bien qu'il fusse un adversaire déclaré, puisque je menais la campagne de Montebourg dans les Bouches-du-Rhône, un grand sourire l'accompagnait quand il m'a serré la main.

Entre les 10 ans qui ont espacé ces deux poignées de main, beaucoup d'ombres ont assombri cette image. La couverture de Paris-Match, en jumeau de Sarkozy pour promovoir l'adhésion à une Europe rejetée par le peuple, en a été la première, puis les quolibets de Montebourg pendant la dernière campagne présidentielle, l'opposition pendant les primaires ont brouillé l'image positive.

En février, j'ai croisé Montebourg dans un café, à l'heure du café et des croissants… Sa première question a été de me demander si j'avais senti comme ses idées s'intégraient bien à la campagne de Hollande. Mais dans quelle proportion ? Je restais encore attentif, je savais bien que François Hollande avait d'autres conseillers, d'autres influences… De Manuel Valls à Montebourg, le grand écart est difficile.

Maintenant, le voilà président de la République, avec le poids européen sur les épaules. Et puis, les Français de gauche, comme des amoureux blessés par une dernière aventure qui a mal tournée, l'attendent au tournant, horrifiés qu'il sont par les années sarkozystes. Déjà, la mise à pied de Pierre Salviac pour une plaisanterie sur la nouvelle première dame, me fait me souvenir des blagueurs remerciés d'hier, Guillon ou Porte. Le président n'y ait sans doute pour rien, mais les réflexes des années sombres sont toujours là.


Qui seront ses ministres ? Que seront ses premiers actes ? Chacun piaffe déjà, et les protocoles républicains semblent étirer le temps que représente cette parenthèse du pouvoir, le temps qu'il faut à la chenille pour sortir de son cocon et achever sa métamorphose.

Mais peut-on rêver d'une métamorphose républicaine ? C'est pourtant l'espoir qu'ont exprimé les millions d'électeurs qui l'ont choisi.


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