jeudi 28 juin 2012

Des putes et des tweets !



Des putes et des tweets, voilà ce qui semble être la version moderne de "du pain et des jeux", la recette de la Rome antique pour acheter la paix sociale.

De la même manière, à ce qu'il me semble, si toutefois mon jugement n'est pas trop altéré par ma vie de débauche, les affaires médiatiques qu'on nous jette à l'écran, pour saturer notre part de cerveau disponible, semblent avoir pour effet de nous détourner de la realpolitik hollandaise.

C'est un très intéressant article de Mathias Destal, sur Marianne2, lu avec retard, qui me provoque cette réflexion. Elle me trottait déjà dans la tête depuis quelques jours et avait besoin de se retrouver dans des mots extérieurs, pour donner une forme intelligible au murmure qui cherchait a se structurer dans les méandres de mon mince néocortex.

Voilà ce que dit Marie-Noëlle Lienemann, dans cet article d'il y a 4 jours, en réponse à la proposition de Najat Vallaud-Belkacem d'abolir la prostitution, de la faire disparaître :  
«Moi, je ne veux plus d’alcooliques et je ne veux plus de toxicomanes. Et après on fait quoi ?  Je ne comprends pas pourquoi on dépense notre énergie sur des questions de mœurs périphériques alors qu'il existe déjà des lois. Qu’on s’occupe des questions économiques et sociales en priorité. On ne va pas commencer à faire comme Sarkozy!»
Dans le même ordre d'idée,  la folie médiatique engendrée par les tweets de madame Trierwiller a complètement masqué les petites concessions libérales du président de la République.

Lienemann a bien raison, les épouvantails n'abusent que ceux qui ont une cervelle d'oiseau.

Lundi, toujours,  Daoud Boughezala, sur Causeur, mettait l'accent sur les contradictions idéologiques entre les déclarations de François Hollande, aussi lisses que des couleuvres, et les convictions de Montebourg. Quand le premier se félicite, à la fin du G20, d'avoir atteint ses objectifs, dont "la lutte contre le protectionnisme", le second bataille contre les délocalisations dans un ministère du redressement productif qui ne maitrise pas le commerce extérieur, après avoir défendu le protectionnisme intelligent pendant 15 ans.

Voilà, c'est l'exercice du pouvoir, qui semble-t-il, oblige à couper d'une eau réaliste le vin de Bourgogne. Tant pis pour sa superbe. Viendra peut-être même un jour où on nous dira qu'il n'y a pas d'alternative, en paraphrasant Margaret Thatcher et qu'on est au régime sec. Pas de salut en dehors de l'OMC, qu'il faut renforcer, ainsi que la libre circulation des biens… Dommage pour Arnaud qui souhaitait voir disparaître cette organisation.

Alors quand on a élu des gens sur la promesse de changement, on est intrigué de les voir en protecteurs des système établis…
On pourrait même en trouver d'autres, des renoncements face à l'ordre établi, au "concert des nations", à la puissance de ceux qui contrôlent les énergies, et j'en passe.

Finalement, parler des putes et des tweets, c'est plus facile que de mesurer dans quelles proportions il va falloir couper notre vin.


A la tienne camarade !

3 commentaires:

Nicolas J a dit…

Merci pour le lien, camarade, mais peut-être un lien vers mon billet de ce soir où j'envoie chier le PS sur le cumul des mandats aurait-il été plus d'actualité, maintenant que les élections sont passées...

Rimbus a dit…

Ah ben je fais des liens en rapport avec le sujet, sinon, c'est pas de jeu ;-)

Anonyme a dit…

Un peu de déprime post-partum ?
Rien de grave......