vendredi 24 août 2012

Le réacteur n° 4, Fukushima : genèse d'une apocalypse



L'apocalypse pourrait venir de la piscine de refroidissement du réacteur n° 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi, au Japon.

Pendant le tsunami de mars 2011, ce réacteur était à l'arrêt, pour maintenance. Son cœur nucléaire n'a donc pas fondu dans son enceinte confinée. Les barres de combustible radioactif étaient au dessus, dans une piscine a 30 mètre du sol, ainsi que des barres de combustible usagées, mais toujours radioactives (264 tonnes).
Le sommet du bâtiment a été secoué par une explosion d'hydrogène, pendant le tremblement de terre, qui aurait été produite au moment de la fusion du réacteur n°3 et qui se serait propagé par le réseau des gaines de ventilation .

En cas de nouveau séisme, ou d'un ouragan, qui endommagerait ces piscines suspendues dans un bâtiment en ruine, cette masse de matière radioactive risque de se répandre dans la nature, en dehors de tout confinement pour limiter les rayonnements.

 
S'exprimant lors d'une audience publique de la commission budgétaire de la Chambre des Conseillers le 22 Mars 2012, l'ambassadeur Mitsuhei Murata a averti que "si le bâtiment estropié du réacteur 4 (avec 1.535 barres de combustible dans la piscine) s'effondre, non seulement cela va provoquer l'abandon forcé des six réacteurs à cause des radiations dégagées, mais cela affectera aussi la piscine de combustible usé commune contenant 6375 barres de combustible, située à 50 mètres du réacteur 4". Le nombre total des barres de combustible irradié sur le site de Fukushima Daiichi hors cuves des réacteurs est de 11421. C'est environ 85 fois la quantité de Cesium 137 relâché à Tchernobyl

Les propos du diplomate japonais Akio Matsumura sont sans ambiguïté (voir vidéo).
Il a écrit que 85 fois plus de césium 137 que Tchernobyl "détruirait l'environnement mondial et notre civilisation. Ce n'est pas sorcier, pas plus que ça ne concerne le débat pugilistique sur les centrales nucléaires. Il s'agit d'une question de survie de l'humanité."

C'était en avril 2012.

Le gouvernement a déclaré qu’il s’apprêtait à éliminer les barres de combustible irradié du bassin de stockage en décembre 2013.
D'ici là, la sécurité du monde repose sur la solidité du réacteur n°4, du moins ce qu'il en reste. Un problème sur cette piscine suspendue, qui selon l'expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules "forces de l'esprit", pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011.

Lire sur le Nouvel Obs, l'enquête de Vincent Jauvert qui confirme ces craintes : Fukushima, et si le pire était à venir ? ainsi que l'interview de Thierry Charles, directeur de la sûreté nucléaire à l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), sur Ouest France.

2 commentaires:

ladyapolline a dit…

Merci Rimbus !
Je voulais tweeter ta note pertinente et hélas, il faut s'inscrire sur un autre machin ...
Amicalement

Alexis Logié a dit…

Et il est au courant Naunaud ?