lundi 3 septembre 2012

Lemtrada et Campath ou le cynisme de Sanofi




Genzyme, un laboratoire Américain, produisait sous le nom commercial de Campath, un médicament (alemtuzumab) efficace pour une maladie peu fréquente, la leucémie lymphoïde chronique.

Puis, on découvrit que la molécule d'alemtuzumab était efficace dans le traitement de la sclérose en plaque (SEP), pour un coût quatre à cinq fois moins cher que les autres médicaments actuellement sur le marché. Le géant Sanofi-Aventis lança alors une OPA pour racheter (plus de 20 milliards de dollars) le propriétaire de cette fabuleuse molécule, en 2011.

Un coût moins cher raisonne mal aux oreilles des actionnaires. La cupidité étant la seule valeur morale du commerce, et des rumeurs de traitement de la SEP à base de Campath se faisant jour, les humanistes qui dirigent Sanofi décidèrent d'utiliser la ruse du maquignon andalou : convertir un vieux cheval en bel étalon en lui donnant un coup de teinture.

Dans le cas présent, cela se traduit en retirant Campath du marché pour le ressortir avec un dosage différent sous le nom de Lemtrada, et une nouvelle indication thérapeutique.
Bien entendu, le retrait du Campath permettra aussi à Sanofi d'ajuster le prix du Lemtrada pour le rapprocher de celui de ses concurrents dans le traitement de la SEP (4 à 5 fois plus cher, n'est-ce-pas ?).

Il faut dire que le traitement de la leucémie avec Campath n'avait rapporté que 76 millions de dollars en 2011, alors que le Lemtrada pourrait en rapporter 400 en 2018 avec sa nouvelle indication (et son nouveau prix). Tout ça vaut bien qu'on prive les leucémiques de leur traitement.

Les analystes financiers applaudissent... Il ne reste plus qu'à obtenir la nouvelle autorisation de mise sur le marché américain, et c'est un beau retour sur investissement qui se profile, en tout humanisme.

D'après Lutte Ouvrière, Capital Direct Matin

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