lundi 15 octobre 2012

Le new deal du cannabis



F.D. Roosevelt, en avril 1933, abrogea le Volstead Act qui définissait la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis. Quand la prohibition cessa, le crime organisé perdit une part importante de ses revenus liés au marché noir d'alcool, conséquence directe de la concurrence des boissons alcoolisées en vente libre à des prix modérés.

C'est sur ce constat, et face à l'augmentation inexorable  du trafic et de la consommation de drogue malgré les mesures coercitives, que de nombreux hommes politiques demandent une autre vision sur cette question… dépénalisation, légalisation, diverses mesures sont à l'étude pour mettre au point un new deal sur la question des drogues, en particulier du cannabis.

Rappelons que la France, non contente d'être l'un des pays les plus répressifs de l'Union européenne en matière de stupéfiants, est également l'un de ceux où l'on fume le plus de cannabis. Ces chiffres font de la France le canard boiteux de la politique européenne, loin derrière les si libéraux Pays-Bas, où les jeunes en particulier fument beaucoup moins de cannabis que les jeunes Français. Aux Pays-Bas, régulièrement montrés du doigt parce qu'ils mènent depuis plus de trente ans une politique très libérale en matière de stupéfiants, les niveaux d'expérimentation du cannabis et de la cocaïne sont inférieurs aux autres pays.
(Rue 89)

Des chercheurs ont comparé des groupes de consommateurs réguliers de cannabis dans des villes comparables, aux politiques sur le cannabis opposées –Amsterdam, Pays-Bas (dépénalisé), et San Francisco, USA (pénalisé). Outre une plus forte consommation à San Francisco, les chercheurs ont trouvé de fortes similitudes entre les utilisateurs des deux villes. Il n’y eu « aucune preuve qui soutienne que la pénalisation puisse diminuer la consommation ou que la dépénalisation puisse l’augmenter».

Contrairement à l'idée reçue, la dépénalisation n’augmente pas la consommation de cannabis. (référence)

Daniel Vaillant hier, Vincent Peillon aujourd'hui, proposent donc une "révolution copernicienne" pour inverser la tendance. L'actualité nous démontre que c'est des milliards d'euros qui échappent ainsi à l'économie fiscalisée dans le monde… et ce serait une erreur de croire que ce sont les petits trafiquants de la rue qui en empochent la plus grande partie. Selon Christian Ben Lakhdar, économiste des drogues à l'Université catholique de Lille, ils gagneraient entre 4.500 et 10.000 euros par an. Le journal 20 minutes n'hésitait pas, le 19 juillet 2011, à affirmer que c'était une activité "peu rentable" pour les petits dealers.

Par contre, les cols blancs de la finance sont aussi impliqués dans le blanchiment de cette manne financière. Récemment, la police a démantelé une importante filière. Ce sont 40 millions d'euros issus du trafic de drogue qui auraient été blanchis en sept mois, impliquant la banque Suisse HSBC, mais aussi des "notables" dont une élue écologiste de Paris, Florence Lamblin, qui clame néanmoins son innocence. Sa culpabilité n'a effectivement pas encore été formellement démontrée à ce jour.

Le débat concernant le cannabis dure depuis des années, et on comprend que beaucoup ont un intérêt financier important à ce que rien n'évolue sur ce point.

7 commentaires:

jeandelaxr a dit…

C'est quand qu'on a des politiques intelligentes ???

Rimbus a dit…

Peut-être quand on élira des hommes politiques intelligents, Jean :-)

candide a dit…

Au niveau de nos politiques, il y a , et il y aura toujours de l'hypocrisie. le pouvoir doit influencer dans le mauvais sens!
Légaliser? oui. Si nous légalisons, nous maîtrisons mieux l'aspect médical, social et économique. Si nous légalisons, nous arrêtons un marché noir, nous diminuons les marges de bénéfices et freinons la production..
Apprenons à vivre avec nos petits défauts et arrêtons de faire les hypocrites. Cela existe, alors gérons!
Même problème que les maisons closes. On ne veut surtout pas avoir de maisons organisées, ça fait mauvais genre, mais les filles dans la rue , on s'en fout!

Anonyme a dit…

HSBC n'est pas une banque Suisse mais Hong Kongaise.

Unknown a dit…

je suis tout à fait contre cette idée de dépénaliser la drogue, au contraire, il faut avoir aucune tolérance et renforcer le système répressif comme des descentes inopinées chez le particulier afin de faire la guerre à ce fléau !!
Il faut créer des CPDC (Centres Pénitentiaires des Drogués au Cannabis) tatouer et pucer ces gens et leur interdire la messe du dimanche matin...
Et bien sur, rétablir le service militaire pour ces vauriens.

i K

Pat a dit…

Mouais. J'en ais toujours un peu raz le c*l de ces propos anti cannabis .. Au pays bas les mecs ne sont pas tous des junkies, faut donc arrêter de stygmatiser.

Graines en LIgne a dit…

Vivement que la situation se décante, car il est sûr que si lagauche passe en 2015, la légalisation aura lieu et l'on pourra enfin cultiver son cannabis !