lundi 26 novembre 2012

Montebourg met le Maître de Forges sur le grill

Magnifique portrait de Lakshmi Mittal par Morchoisne pour Les Echos.


Arnaud Montebourg vient de lancer son gant à la figure de Lakshmi Mittal, au sujet du site de Florange. 

Jeudi, en séance au Sénat, il a giflé le maître des forges mondialesl d'un bel aller et retour. 

A l'aller, il a évoqué une possibilité de nationalisation temporaire du site, et au retour il a rappelé une facture fiscale qu'il a jugée astronomique.

Après une série de renoncements du gouvernement et du Président face au lobbies — citons pour mémoire le traité européen, les Pigeons, la clause de conscience et hier encore l'aéroport de Notre-dame des Landes — la question de la crédibilité et de la détermination de l'exécutif commence à se poser (à part pour Valls, qui sauve les meubles).

Cette politique de ponceuse à arrondir les angles n'étant pas celle du bouillonnant Arnaud, il a cogné du poing sur la table et posé un ultimatum. Il sauvera la sidérurgie ou elle s'écroulera avec le gouvernement.

C'est ce que semblent comprendre les ministres et même le président de la République.
L'union sacrée derrière Montebourg pour sauver Florange
Le ministre du Travail Michel Sapin, sur RMC et BFM TV, a approuvé une précédente déclaration du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg parlant de "contrôle public" et rappelant que cette arme avait été utilisée aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni dans les secteurs financiers et l'automobile.

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a aussi salué "la volonté dont fait preuve Arnaud Montebourg dans ce dossier" sur BFM TV.

Prié de dire s'il était favorable à une nationalisation temporaire proposée par le ministre du Redressement productif, il a répondu: "Je n'ai pas à me prononcer à sa place, mais je soutiens son action."

Les élus de Moselle, droite et gauche confondues, demandent à François Hollande de nationaliser temporairement l'usine.

"Comme le Ministre du Redressement Productif, nous demandons une prise de contrôle public temporaire de l'État pour permettre à un opérateur industriel de reprendre l'activité de l'ensemble du site", écrivent les élus lorrains dans une lettre ouverte adressée samedi au président de la République.

Le courrier est cosigné par Jean-Pierre Masseret, président socialiste du conseil régional de Lorraine, Patrick Weiten, président UMP du conseil général de Moselle, les responsables départementaux de l'UMP, du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts et du Parti communiste, par divers élus du bassin sidérurgique et par l'intersyndicale du site de Florange.  (Reuters)


Quant à François Hollande, il règle un vieux compte.
 
Hollande doit réussir à faire plier Mittal quand Sarkozy avait échoué à sauver Grandrange, malgré ses promesses. En 2010, en effet, il avait déjà eu un "entretien musclé"(selon Les Echos) avec Lakshmi himself au sujet de Florange dont la fin était déjà programmée.

C'est la dernière occasion pour François Hollande et le gouvernement Ayrault de prouver leur volontarisme, leur audace et leur courage. Maintenir la science de la métallurgie sur notre territoire national est un enjeu stratégique.

Si Hollande réussit a sauver Florange, il aura sauvé son début de mandat, et prouvé sa valeur de chef de l'Etat. On dira de lui, avec respect : Duos habet et bene pendentes".

Dans le cas contraire…

1 commentaire:

roberto a dit…

Alors avec le recul tu te sens pas ridicule en ayant soutenu l' éolienne montebourde ?