samedi 1 décembre 2012

La bataille de Florange


La bataille de Florange fait penser à la bataille d'Eylau… pas de réel vainqueur, un statu-quo et des dégâts énormes.

Comme dans une bataille d'un autre âge, on a préféré sacrifier Montebourg, qui s'est distingué par ses attaques audacieuses. Pas de nationalisation, pas de repreneur, mais plus de plan social non plus.

Les annonces de Montebourg, c'est la charge de cavalerie de Murat, qui permet de ne pas perdre de terrain, quoi qu'il en coûte.
"le rôle de Montebourg, c'est de faire du bruit utile pour les négociations", analyse Eddy Fougier, chercheur associé au CNRS, cité par l'Express.

L'annulation du plan social n'est qu'une minuscule victoire, et en réalité Mittal semble lorgner sur le projet Ulcos, une vitrine technologique à 700 millions € intéressante pour le groupe mondial, surtout si elle financée par l'Union Européenne et la France. Et dans l'immédiat, les hauts-fourneaux ne seront pas rallumés. Pour que le gouvernement ne perde pas complètement la face, le Groupe ArcelorMittal concède à investir 180 millions sur 5 ans.

Montebourg, quant à lui, a perdu gros. Ses propositions sont désavouées, et tout a été fait pour satisfaire le magnat de l'acier. Demain, quelle sera sa crédibilité face à des entreprises en difficulté ? Au mieux, on risque d'ignorer ce petit ministre sans pouvoir, au pire on le tiendra pour un affabulateur, un cavalier sans cervelle ou un Dom Quichotte combattant les moulins à vent.

Mittal, qui est plus un financier qu'un industriel et qui est dans la main de Goldman-Sachs, représente cet adversaire dénoncé au Bourget, "qui n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti", et qui pourtant gouverne. "Cet adversaire c'est le monde de la finance".
Et bien cet adversaire semble toujours gouverner.

Et Montebourg a fait rêver les gauchistes pendant une courte semaine, qui ont bien voulu croire que l'adversaire était vaincu, que l'Etat avait retrouvé la souveraineté de conduire son avenir industriel ; plus encore, que la droite et la gauche formaient une "union sacrée" pour sauver Florange en nationalisant. Un beau rêve.

La charge était héroïque, mais à quel prix ?

3 commentaires:

estelle92 a dit…

Oui. Rien à dire de plus, hélas.

Anonyme a dit…

http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/12/01/benjamin-coriat-economiste-attere-mittal-sen-est-bien-tire-237483

Anonyme a dit…

Tripp (troll)

Et ces blogueurs de gouvernement qui continuent de s'auto-congratuler...

Pathétiques !!