dimanche 23 décembre 2012

Nanard se paye Nono


Bernard Tapie, après avoir accusé "tout le cabinet de Montebourg d'avoir travaillé à mort pour l'empêcher d'aboutir"sort un enregistrement, comme pour plagier Fabrice Arfi de Médiapart, censé prouver son affirmation.

Laurent Mauduit s'est livré a une petite enquête sur Bernard Tapie (toujours sur Médiapart), et ses conclusions laissent songeur…

Pour résumer, c'est avec les 304 millions d'euros que Tapie a récupéré de l'Etat Français en 2007 qu'il peut se payer les journaux du sud, dont La Provence. Mauduit souligne que cette opération a abouti grâce à d’invraisemblables manœuvres auxquelles ont prêté la main des personnages aussi différents que l’administrateur judiciaire concerné par le dossier, Christophe Thevenot ; le patron de BPCE, François Pérol ; le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo ou encore le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Il note aussi que l'arbitrage de 2007 en faveur de Tapie est entaché d'irrégularités si nombreuses qu'ont eu lieu à cette occasion une cascade de procédures qui sont en cours devant plusieurs juridictions, impliquant C. Lagarde, ministre des Finances, à l'époque.
Que le premier acte de l'éphémère prédécesseur de Lagarde, Jean-Louis Borloo, a été de demander un arbitrage en faveur de Tapie, son ancien client quand il était un des avocats d'affaires les mieux payés au monde.

Mauduit remarque que François Pérol, le patron de la banque qui a permis de conclure l'affaire, a longtemps supervisé l’affaire Tapie du temps où il était secrétaire général adjoint de l’Élysée. Avec Nicolas Sarkozy, c’est lui qui a donné les instructions à Christine Lagarde pour lancer l’arbitrage.

L'entregent de Tapie est très large, mais si il a le président de l'Assemblée Nationale dans la poche, il n'en est pas de même à l'Elysée, qui aurait préféré un rachat du groupe de presse par François Pinault (une information du Figaro confirmée par Médiapart).

Selon des sources bien informées, le cabinet de Montebourg n'a pas été particulièrement actif sur ce dossier, si ce n'est, connaissant les méthodes de Bernard Tapie, de s'inquiéter pour les emplois. D'autre part, il est probable que sur instruction du Château, certaines démarches ont été entreprises pour trouver un autre repreneur. Mais sans plus.

Enfin, pour Mauduit, il ne fait aucun doute que Tapie veut jouer un rôle politique à Marseille, en concertation avec Borloo. Dans l’opération de rachat du groupe de presse régional par le tandem Tapie-Hersant, les 17 banques qui avaient des créances sur le groupe vont abandonner environ 180 millions d’euros, qui vont donc partir en fumée, pour le plus grand profit de celui qui a ruiné le groupe (Philippe Hersant) associé au supposé futur candidat à la mairie de Marseille…

On notera que Tapie dément toute ambition politique, comme il démentait "de manière définitive", vouloir racheter la Provence il y a 2 semaines.

Bernard Tapie est un malin, et en utilisant le nom de Montebourg, devenu si médiatique et accrocheur, ainsi que l'enregistrement, pour entrer en résonance avec l'affaire Cahuzac, il crée un magnifique épouvantail qui détourne l'attention des moineaux et des pigeons de ses affaires Phocéennes.

Et si on sait, comme le souligne Juan, que Cahuzac est celui qui a présenté un rapport en 2011 remettant en cause l'arbitrage de 2007 en faveur de Tapie, on se dit que le coup de l'enregistrement est une réponse du berger à la bergère.

2 commentaires:

Denis a dit…

Tu vas tout de même pas nous refaire de la retape pour Cahuzac, quand même ?

Et puis, si ce que dit Tapie est vrai (et pourquoi en douterions-nous ?), elle est bien loin l'idée de la 6e République !

bobcestmoi a dit…

coùmment imaginer que les 2 protagonistes (acheteur potentiel et montebourg) aient fourni une copie de l'enregistrement de leurs éventuelles conversations au 3ème larron et adversaire dans ce dossier

personne ne pose la question de l'origine de cette cassette , vous avez dit bizarre !

à noter que j'ai du mal à imaginer cahuzac téléphonant à son adversire ump en 2010pour lui dire, j'suis emmerdé j'ai un compte en suisse et j'sais pas quoi en faire