mercredi 25 janvier 2012

Lois mémorielles : et les harkis ?



Saïd Benaisse Boualam, dit "Bachaga Boualam" (haut dignitaire Boualam) est un de ces arabes qui firent la France, n'en déplaise à certains qui ne songent qu'aux racines chrétiennes de notre pays, et à une identité nationale qu'ils imaginent immaculée, en préférant oublier ses épisodes honteux.

Le Bachaga Boualam, commandant de la harka de l'Ouarsenis (entre Oran et Alger) était le chef des 24 tribus arabes des beni-boudouane, en Algérie.
Plus Français que certains, ce colonel de l'armée Française, grand officier de la Légion d'honneur, élu député d'Orléansville, fut vice-président de l'Assemblée Nationale de 1958 à 1962.

C'est à Arles, dans le village de Mas-Thibert, qu'il termina ses jours en 1982.

On pourrait croire qu'il symbolisait la reconnaissance de la France à ces combattants Algériens engagés pour l'Algérie Française, à tort ou à raison…

Le gaullisme, revendiqué par tous, n'est pourtant pas ce qu'on croit. Inutile de revenir sur les manœuvres d'un général vieillissant, en 1958, qui a trompé tout à la fois l'armée et les Français d'Algérie, pour reprendre le pouvoir et donner à la France une constitution taillée à sa mesure, dont nous subissons encore les effets pervers.

Revenons plutôt sur le sort de ces harkis, ces arabes qui aimaient la France et que la France n'aimait pas.

Le vendredi 6 janvier, Audrey Pulvar faisait une chronique sur France Inter, « Harkis, les mythes et les faits », sur Claude Lanzmann et sa publication dans "Les Temps Modernes" d'un ouvrage consacré à la tragédie des harkis. C'est dans le 666e numéro de la revue qu'est donc évoquée une page des plus diaboliques du Gaullisme.

La journaliste lit ce témoignage bouleversant :

Avril 62, Daniel, un Français, fait son service dans la Marne. Il se voit confier la mission de ramener en Algérie des harkis réfugiés en France depuis plusieurs mois. Témoignage :

« Nous les avons descendus jusqu’au port de Marseille dans les fameux camions FIAT et lorsqu’on est arrivé, on a vu arriver d’autres camions qui venaient de plusieurs villes de France dont Tours, Orléans et Clermont-Ferrand et qui transportaient, aussi, des harkis à renvoyer en Algérie. On s’est retrouvé avec 400 ou 500 harkis. On a eu beaucoup de mal à les canaliser pour les faire monter dans le bateau, le soir même sur « Le ville d’Alger ». C’est sûr que là, il y en a qui reculaient… Il y a eu des regards qui étaient terribles 
(…) Ce qui a été terrible, c’est lorsqu’on les comptait dans la nuit et que l’on ne retrouvait pas un que l’on avait repéré, on nous disait« Il n’est plus là… ». On demandait « Mais il est où ? ». On nous répondait : « Il a sauté du bateau ». Je répliquais « Ce n’est pas possible ! ». On avait du mal à croire qu’ils s’étaient suicidés. Lorsqu’on était au trois quart du voyage, on s’était rendu compte, qu’il en manquait vraiment…
(…) J’ai voulu raconter cette expérience. C’était une injustice, même à l’époque… Et pourtant on ne parlait pas de politique à 20 ans… Mais cette injustice… Que de Gaulle prenne la décision de renvoyer des harkis, des gars qui normalement nous ont aidés certainement du mieux qu’ils pouvaient et de leur avoir promis de les loger, de les accueillir puis les renvoyer six mois après… Moi, j’ai trouvé ça, là maintenant, parce qu’à l’époque je ne savais pas… pour être clair… J’ai trouvé ça dégueulasse… C’est pas normal, … C’est tout !
Cette décision politique se retrouve dans une note secrète de Louis Joxe adressée le 12 mai 1962 au Haut Commissaire Christian Fouchet :
Les renseignements qui me parviennent sur les rapatriements prématurés des supplétifs indiquent l'existence de véritables réseaux tissés sur l'Algérie et la Métropole et dont la partie algérienne a souvent pour origine un chef SAS. Je vous envoie au fur et à mesure la documentation que je reçois à ce sujet. Vous voudrez bien faire rechercher tant dans l'armée que dans l'administration les promoteurs et les complices de ces entreprises et faire prendre les sanctions appropriées.
Les supplétifs débarqués en Métropole en dehors du plan général de rapatriement seront, en principe, renvoyés en Algérie où ils devront rejoindre avant qu'il soit statué sur leur destination définitive le personnel déjà regroupé selon les directives des 7 et 11 avril. Je n'ignore pas que ce renvoi peut être interprété par les propagandistes de la sédition comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles, il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure; mais ce qu'il faut surtout obtenir, c'est que le gouvernement ne soit plus amené à prendre une telle décision.
Le nombre total de harkis abandonnés par la France Gaulliste et exécutés  est difficile à évaluer. Jean Lacouture, dans le Monde du 12 novembre 1962 parle de 10 000 victimes, assassinés entre le 19 mars et le 1er novembre, mais le rapport Vernejoul adressé au Conseil Economique et Social en janvier 1963 évoque 25 000 morts, comptabilisés de l'indépendance à octobre 1962. D'après les évaluations du Bachaga Boualam, du général de Mire ou du général Jacquin, on arriverait à un total de 100 à 150 000 victimes, ce dernier chiffre étant repris par Jacques Soustelle dans son ouvrage "28 ans de Gaullisme". Jean-Marie Bastien-Thiry, lors de son procès après l'attentat raté du Petit-Clamart, a évoqué plusieurs centaines de milliers de victimes en parlant de "génocide gaulliste des Français musulmans".
(d'après Charles-Robert Ageron, Le « drame des Harkis » : mémoire ou histoire ?)

Nicolas Sarkozy avait fait cette promesse (une de plus) lors de la campagne présidentielle de 2007 : "Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre de harkis".

Néanmoins, Yves Thréard notait sur son blog du Figaro, le 12 décembre 2011 :
Arrivé à la tête de l’État, Nicolas Sarkozy tentera, comme ses prédécesseurs, d’améliorer le sort des harkis. Entreprise compliquée qui, comme d’habitude, sera en partie sacrifiée sur l’autel des bonnes relations franco-algériennes. Bouteflika, le président algérien, que Claude Lanzmann a bien connu pendant la guerre, fit comprendre à Sarkozy, en décembre 2007, qu’un important contrat gazier avec des compagnies françaises valait davantage qu’une réparation des injustices endurées par les harkis.
 Au lieu de faire la lumière sur cette page sombre de l'histoire de France, la République fait voter des lois mémorielles consacrées au génocide Arménien. Une fois de plus, au lieu de reconnaître ses fautes, elle reconnaît celle des autres.
C'est tellement plus simple.

lundi 23 janvier 2012

La Vénus d'Arles


Découverte en 1651 lors de la fouille de vestiges romains proches du Théâtre antique d'Arles. Elle représente probablement la déesse Aphrodite.

Pourquoi parler de cette œuvre qu'on considère comme une copie d'un original de Praxitèle ?
C'est que le maire d'Arles (qui dans ses discours dit avec raison "La ville d'Art" en mangeant l'L avec la même gourmandise que j'ai à manger certaine cuisse) a annoncé que le président du Musée du Louvre, Henri Loyrette, venait de lui confirmer le prêt de la Vénus d’Arles pour l’exposition Rodin en 2013, qui se tiendra au Musée Départemental de l'Arles Antique.

Pourtant, la statue qu'on connait est assez loin de ce qu'elle fut quand les mains de l'artiste inconnu lui donnèrent sa forme originelle.



C'est en tout cas ce qu'expliquait l'architecte Jules Formigé en 1911 :

Après que celle-ci, achetée 61 livres par la ville fut exposée à l'Hôtel de ville "dans une armoire faict exprez", le premier consul de la cité, M. de Grille, sieur de Robiac, l'offrit au souverain Louis XIV pour s'attacher ses bonnes grâces. Le roi daigna témoigner sa haute satisfaction en offrant à l'ambassadeur un médaillon entourant de diamants son portrait, avec une chaîne en or, du prix de 200 pistoles. La statue fit son entrée dans la Grande Galerie de Versaille le 18 avril 1785, après avoir été restaurée (ses bras lui manquaient, comme la Vénus de Milo) par François de Girardon.


Un moulage de la statue originale avait heureusement été fait avant le départ de la Vénus pour Versaille, que Jules Formigé a pu examiner (photographié ci-dessus).
L'ampleur magnifique de la poitrine et du torse avait été amaigri par la restauration, comme l'enveloppe si pleine des joues et du cou ; la main délicate tenant la pomme n'est qu'une interprétation de Girardon. Les pieds sont aplatis et chargés de lourdes sandales inconnues de l'original.
L'allure même de la statue en est changé, et son déhanché a disparu, comme la courbe sensuelle de ses hanches. Selon l'architecte, "le désastre est complet".

Et celui-ci de conclure : "S'il nous est permis de formuler un vœu, ce serait de voir le moulage d'Arles exposé en place d'honneur au Musée de cette ville. Il serait aussi nécessaire de placer une reproduction de ce même moulage au Musée du Louvre, à côté de la statue restaurée".

Une idée à retenir pour l'exposition Rodin… qu'en pense notre édile ?

Quoi qu'il en soit, pour ma part, j'ai l'immense plaisir de connaître le modèle qui a inspiré cette Aphrodite, réincarné 20 siècles plus tard, et je peux certifier que monsieur Girardon n'a pas respecté l'enveloppe si pleine de ses joues ni l'ampleur exquise de sa poitrine. Mais contrairement à monsieur Formigé, je suis fort jaloux et ne tiens pas à partager cette volupté qu'elle me réserve.

(Librement inspiré de la Note sur la Vénus d'Arles, par M. Jules Formigé, architecte diplômé, dans Les Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, volume 55)


mardi 17 janvier 2012

Montebourg contre les charlatans


"Pour moi, les agences de notation sont des charlatans. Elles sont à l’origine de la grande escroquerie mondiale de la crise des subprimes, parce qu’elles ont noté AAA des produits qui étaient toxiques. Et maintenant, elles gagnent de l’argent sur le dos des Etats européens"

Arnaud Montebourg ne mâche pas ses mots. Par trois fois, il a réitéré son soutien total à François Hollande, quand les journalistes voudraient mettre en doute sa fidélité au vainqueur des Primaires.

En ce qui concerne l'agence Standart & Poors, qui n'a pas vu la crise des subprimes, ni la faillite de Lehmann Brothers (qui était noté AAA encore deux jours avant sa faillite, le 15 septembre 2008), on notera que la raison de sa dégradation de la France n'est autre que la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement :

"Un processus de réformes fondé sur le seul versant de l'austérité budgétaire risque de se vouer lui-même à l'échec, la demande intérieure chutant parallèlement aux inquiétudes croissantes des consommateurs sur la sécurité de leur emploi et de leurs revenus, minant les recettes fiscales des pays" (La Tribune).  

C'est donc bien une politique stupide qui a été dégradée, plus que la France. Un éclair de lucidité chez les charlatans ?

dimanche 15 janvier 2012

Montebourg et son mouvement politique


Arnaud Montebourg a lancé son mouvement politique.

Beaucoup fantasment sans raison. Si Arnaud Montebourg préserve son indépendance, ce n'est pas pour "flinguer" le candidat qu'il soutient, comme le suggèrent des blogueurs mal informés.

Etant un des responsables de ce mouvement dans les Bouches-du-Rhône, je tiens à préciser que nous sommes clairement engagés derrière François Hollande, plus que jamais.
Nous comptons prendre une part active dans cette campagne présidentielle, pour faire gagner le candidat socialiste, qui a pour ambition de rassembler le peuple de gauche, au delà du PS.

La victoire de la gauche que nous attendons ne sera pas celle de la rue de Solférino. Elle sera celle du peuple Français, dans sa diversité. Arnaud Montebourg veut affirmer sa singularité, ses idées originales, qui débordent les clivages partisans.

Notre mouvement n'est pas l'ennemi des partis de la gauche plurielle. Il ne sera pas non plus leur laquais. Nos idées sont trop belles pour qu'elles soient étouffées par des coteries florentines au service d'intérêts plus ou moins personnels.

Elle sont au service des Français, et pour mieux servir la France, elle doivent être indépendantes, partenaires de la grande famille de gauche, en toute liberté.

L'université populaire itinérante que nous mettons en place est un des signes de cette volonté de faire de la politique autrement que dans des appareils trop fermés et réservés à certains. Elle ne les remplacera pas, mais s'ajoutera à eux.
Avec réalisme.

La Rose et le Réséda



Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grèle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

vendredi 13 janvier 2012

Le Luxembourg conserve son AAA



Le Luxembourg conserve son AAA. Il y a une justice dans le monde de la finance !

Pour mémoire, le 14 octobre 2008, Arnaud Montebourg a adressé au Premier ministre français François Fillon un "mode d'emploi" détaillé pour la "disparition" des paradis fiscaux, que ce dernier a appelée de ses voeux.

Dans un communiqué, le socialiste, spécialiste des paradis fiscaux, a suggéré au Premier ministre "d'interdire le secret fiscal et le secret bancaire, en commençant par les pays membres de l'UE comme le Luxembourg…"

mercredi 11 janvier 2012

Miss Glitter Painkiller, c'est quand tu veux



Mon gent ramois c'est Miss Glitter Painkiller, si elle veut faire la moure avec un alcoït anonyme, un peu tapaloeil ravageur, ou tapageur nocturne notoire, c'esseule long, je suis son nomme.

dimanche 8 janvier 2012

Le bonheur rangé dans une armoire…


Merci Antoine.

mardi 3 janvier 2012

Montebourg sur Canal+


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Montebourg parle de Seafrance, revient sur son projet de capitalisme coopératif, en demandant au gouvernement d'investir sur le projet de reprise de l'entreprise sous forme de coopérative.

Il évoque le futur programme de François Hollande, sa volonté de maîtrise de la finance, la transition écologique, la réorientation de l'Europe. Il réaffirme son soutien au programme du candidat socialiste dans lequel il se reconnaît totalement.

François Hollande et Arnaud Montebourg, c'est le ticket gagnant pour 2012.

La campagne socialiste commence avec force, et ce n'est qu'un début.

lundi 2 janvier 2012

Quelques mots d'amour…


Il manque quelqu'un près de moi
Je me retourne tout le monde est là
D'où vient ce sentiment bizarre que je suis seul
Parmi tous ces amis et ces filles qui ne veulent
Que quelques mots d'amour ?

Je pleure encore à chaque fois que j'entends cette chanson… je pense à ta chambre avec ces grands carreaux oranges et rouges, quand on écoutait ensemble Véronique… je pense à toi, dix ans après ton départ… il manque quelqu'un près de moi, et tu me manqueras toujours.
Comment t'oublier quand je vois tes enfants, et leurs enfants…
J'aime pleurer en pensant à toi, qui ne reviendras plus.

Ma grande sœur qui vit encore dans ces larmes qui roulent sur mes joues.