vendredi 28 septembre 2012

Montebourg face à Bourdin


Ce vendredi 28 septembre, Jean-Jacques Bourdin, sur BFM TV a invité Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.

Sur l'objectif de réduction du déficit budgétaire, Montebourg a réaffirmé l'obligation de rétablir l'équilibre des comptes publics. Les 100 milliards cumulés sur 10 ans de baisse d'impôts des plus privilégiés voulus par la droite doivent d'une certaine manière être payés par le nouveau gouvernement (l'héritage du sarkozysme est dur à porter).
Pour lui, ce nouvel équilibre budgétaire n'est qu'une étape, puisque la reconstruction de la croissance est aussi indispensable que la rigueur, cette négociation en faveur de la croissance est du reste permanente avec les partenaires européens.

Logiquement, l'approbation du TSCG est pour lui nécessaire (malgré ses imperfections) pour que la voix de la France puisse continuer à orienter la construction européenne, compte tenu des concessions déjà acquises (mise sous tutelle des banques par la BCE, taxe sur les transactions financières, fonds de soutien à la croissance…).
Arnaud Montebourg refuse de commenter l'attitude de ses collègues ministres, et ne répond pas sur l'attitude des écologistes du gouvernement sur ce point, solidarité gouvernementale oblige.

Jean-Jacques Bourdin questionne le ministre sur quelques sites industriels problématiques :


• Sur Arcelor Mittal, Montebourg réaffirme la volonté du gouvernement de ne pas fermer le site de Florange et de redémarrer ses hauts-fourneaux. Un projet de loi est en cours (avant 3 mois selon lui) pour obliger à vendre a des repreneurs les sites en cas d'abandon de sites industriels. "C'est un bras de fer" avec monsieur Mittal affirme le ministre.
• Concernant Sanofi, il considère que le plan social de suppression de 2 500 emplois est inacceptable. "La République ne se laissera pas faire". Montebourg refuse que le site de Toulouse soit touché, un lieu de performance et d'innovation . Le plan social renégocié est redescendu à 900 emplois supprimés, ce qui est encore trop pour Montebourg.
• Dans le cas de Fralib (le thé Eléphant), il réaffirme sa confiance en la structure coopérative, et se réjouit des avancées déjà obtenues (sauvetage du site et des machines, dialogue reconstruit). Puisque la marque des infusions "Eléphant" ne sera pas lâchée par Unilever, des solutions alternatives doivent aboutir.


La question de la voiture électrique est ensuite abordée.
Un plan est en train d'être mis en place (50 millions pour l'état dans un premier temps, ainsi que la participation des collectivités locales et de partenaires privés) pour développer le réseau de "bornes de recharge". De bonnes idées sont sur la table, comme la gratuité des certains parking, ou des péages autoroutiers gratuits pour les véhicules électriques, etc.
Il s'agit de trouver tous les moyens pour rendre compétitifs ces véhicules d'avenir. La prime écologique de 7000 euros sur la nouvelle "Zoé" permet déjà d'aligner leur prix sur celui des véhicules classiques. Quant à l'autonomie des voitures, elle correspond à la moyenne d'utilisation de 85 % des conducteurs (une soixantaine de km quotidiens).

Pour conclure, Montebourg souhaite réformer les conditions globales de la compétitivité de notre pays, c'est la mission de l'étude menée par Louis Gallois (on peut imaginer qu'il souhaite répartir les prélèvements sociaux pour ne plus les faire peser exclusivement sur le travail, comme il l'a déjà évoqué à Médiapart).

C'était un Montebourg pugnace et volontaire, face à un journaliste sans concession.

jeudi 27 septembre 2012

PLACEBO




Et surtout, ne perdons pas de vue que c'est notre chère Sécu qui entretient les Argan modernes, au plus grand bénéfice de l'industrie pharmaceutique.

On peut s'amuser à penser aux maladies psychosomatiques que l'on peut soigner avec des placebos !
Le tout entretient un important circuit économique, des cotisations sociales (et à toutes ces petites mains qui brassent de la paperasse) au médecin, en passant par le pharmacien et les laboratoires pharmaceutique. C'est comme ça qu'on crée de la croissance et de l'emploi. On va pas changer tout ça quand même.

C'est ce qu'on appelle un cercle vertueux.

A votre santé !

lundi 24 septembre 2012

La fashion week de Marine Le Pen


Dans une interview au Monde, Mme Le Pen a demandé l'interdiction du voile et de la kippa dans la rue, suscitant un tollé général.

Une manière de participer la semaine de la mode de Milan, peut-être.

La déclaration de la styliste du Front National mérite d'être lue avec attention.

• "Je mets à la porte tous les intégristes étrangers. Tous !"

Si l'ennemi est l'intégriste, quel que soit sa religion, pourquoi ne s'en prendre qu'à ceux qui sont étrangers ? L'intégrisme national serait-il plus tolérable ? Le fait d'être étranger serait-il plus grave que d'être intégriste ? Que faisons-nous des intégristes catholiques de Civitas ?
Tout cela n'est pas très cohérent.

• "C'est interdit. Le voile est interdit. C'est clair ! On est capable de faire la différence entre un voile religieux et un voile qui ne l'est pas."

Jusque ici, seul le voile intégral (niqab, burqa…) était interdit (une stupidité déjà dénoncée sur ce blog). C'était là, en effet, mettre le doigt dans un engrenage dangereux.
La preuve. Le glissement de voile intégral à simple voile était facile à faire, ce que ne manque pas de faire Marine Le Pen. On notera que la kippa est logiquement mise aussi à l'index par la chef des frontistes, bien qu'elle "ne pose pas de problème dans notre pays" mais pas la croix des chrétiens… Celle qu'elle porte au cou de façon si ostentatoire, justement. comprenne qui peut…

Quant à l'affirmation qu'il est facile de différencier un voile religieux d'un voile qui ne l'est pas, je reste dubitatif. Une musulmane peut porter un foulard Hermès par conviction et/ou par coquetterie.
D'autre part, cela signifie-t-il aussi qu'il faut aussi interdire aux bonnes sœurs de sortir avec leur uniforme si ostentatoire ?


Un peu plus tard, à la Baule, Marine Le Pen a poussé un peu plus loin son raisonnement :

• "Le voile s'est multiplié de manière exponentielle dans notre pays ainsi que le port de la djellaba", a ajouté la dirigeante d'extrême droite, élargissant sa demande d'interdiction également à ce vêtement, qu'elle considère comme un "signe religieux ostentatoire".

Il se trouve que je porte parfois une djellaba, ainsi que des babouches. Je suis pourtant athée, mais j'ai vécu de nombreuses années au Maroc, et j'aime à m'habiller parfois comme je le faisais là bas. De plus, se vêtir comme on le fait à l'étranger n'a rien de répréhensible. Beaucoup de gens s'habillent comme des Américains, chacun devrait pouvoir faire comme il l'entend.

Je remarque que Marine Le Pen entend policer la mode. Il y a donc une manière autorisée de s'habiller et une autre interdite. Tout à fait ce qu'imposent les intégristes justement.
Un jour viendra peut-être où nous devrons porter tous une chemise brune, et un brassard.

Pourquoi ne pas aller plus loin dans la censure et interdire le port de la barbe aux hommes ? C'est aussi un caractère que l'on retrouve chez la majorité des intégristes de toutes les religions.
Quand ceux qui se croient vertueux commencent à régenter le monde, l'enfer n'est pas loin.

Enfin, on peut considérer que la liberté d'habillement est semblable à la liberté d'expression : elle permet de savoir à qui on a faire (à ce sujet, je précise que j'estime que la loi Gayssot est stupide, comme toutes les lois mémorielles qui restreignent la liberté d'expression).

Laisser une personne exprimer, par ses paroles ou ses écrits, sa bêtise, sa vulgarité, son racisme, son homophobie, ses tendance nazis, son négationnisme ou son extrémisme religieux, c'est très utile. Il est toujours bon de laisser les imbéciles, les pervers, les fascistes se découvrir pour qu'on les reconnaisse sans se tromper.
Heureusement que Christian Vanneste a son franc-parler, par exemple, on ne peut se tromper à son sujet. Plus discret, il n'en serait pas beaucoup différent, sans que nous y prenions garde.


De même un intégriste barbu habillé comme un taliban afghan est facile à repérer de loin. S'il était habillé d'une manière moins reconnaissable, il n'en serait pas moins intégriste, mais bien plus dangereux.

dimanche 23 septembre 2012

Croyance et blasphème dans tous les domaines


L'affaire des OGM, cette polémique sur le maïs Monsanto révélée par le Nouvel Obs, est à l'origine de bien des discussions et d'invectives, sur les réseaux sociaux.

En lisant les débats, un phénomène est frappant : c'est que beaucoup de contradicteurs partent d'un a priori, celui d'une science dangereuse. La littérature ne manque pas en effet de "savants fous" débordés par leurs recherches…
à juste titre ces romans nous alertent sur le danger potentiel de ne pas encadrer, de façon éthique et rationnelle, une science qui peut conduire à des catastrophes. Ainsi, les scientifiques sont-ils contraints à des procédures rigoureuses, et c'est tant mieux.

On ressent parfois un léger malaise dans ces discussions, devant la certitude des uns et des autres… une certitude semblable à celle des "catastrophistes" et "complotistes".
Dans le cas présent, la croyance en la dangerosité absolue des OGM.

Car il s'agit bien d'une croyance, puisque ce danger n'est justement pas encore scientifiquement établi, les procédures d'expérimentations étant précisément contestées ("aussi bien en France qu’à l’étranger, de nombreux experts pointent les défauts de l’étude" nous explique Michel de Fracontal, le journaliste scientifique de Médiapart).

L'industrie pharmaceutique nous a montré que les études sont faites pour être orientées, et que dans ce domaine, tirer des conclusions hâtives sur une nombre restreint d'études est justement l'origine des problèmes (faut-il rappeler l'affaire Médiator ?).
C'est un fait largement exploité par les détracteurs des "savants fous".

Mais dans ce débat sur le maïs transgénique, cet argument est rejeté par les "croyants anti-OGM". Alors que les contradicteurs émettent des doutes sur la méthodologie, leur argument ressemble à un blasphème. Le doute est interdit. Contester l'étude Séralini revient à être catalogué dans le camp des méchants hérétiques, soudoyés sans doute par les géants de l'agroalimentaire.

Le Nouvel Obs n'a pas manqué de franchir la ligne jaune en titrant "Oui, les OGM sont des poisons". Quand bien même l'étude Séralini serait fondée, elle ne s'appliquerait pas à tous les OGM. Comme à son habitude, l'Obs fait dans le sensationnel mensonger, en confortant un peu plus la communauté des "croyants" déjà acquise à cette certitude…

"De mauvais moyens ne peuvent servir à de bonnes fins."
C'est la phrase mise en exergue par Sylvestre Huet du Monde dans son article "OGM, Seralini et le débat public" sur son blog {siences2}, qui compare les précautions des physiciens du Cern face à une particule semblant dépasser la vitesse de la lumière, à la manière de faire de Séralini.
Une lecture nécessaire pour comprendre la différence entre la croyance et la raison scientifique.

Pour ma part, je n'ai pas de croyance, ni que les OGM sont dangereux, ni qu'ils ne le sont pas, ni qu'ils ne le sont que dans certains cas.
Par contre j'estime qu' il est impératif de multiplier les recherches sérieuses et éthiques sur ces questions, pour s'appuyer sur des faits scientifiques et non pas des croyances et trouver les réponses à ces angoissantes questions.

Une chose est sûre, c'est que la manipulation des médias et des opinions n'est pas une démarche scientifique éthique.

Je présente mes excuses aux "croyants" que mes propos blasphématoires auraient choqué, mais je leur demande de ne pas faire de prosélytisme envers moi : je suis un mécréant en tout domaine.

samedi 22 septembre 2012

Montebourg soutient la ratification du traité européen


En direct de Mediapart : Montebourg et le TSCG par Mediapart

La future ratification du traité budgétaire européen (TSCG) est peut-être l'acte le plus important de ce début de quinquennat, pour François Hollande, pour la République Française et pour l'Europe du futur.

Symbolisé par la "Règle d'or" budgétaire qu'il contient, un terme qu'a popularisé Nicolas Sarkozy, ce traité était combattu il y a un an encore par ceux qui le défendent aujourd'hui.
Pourquoi ? Le nouveau gouvernement, le nouveau président de la République, sont-ils en train de trahir leurs électeurs ?

Que répondre aux "économistes atterrés" qui fustigent ce traité et aux citoyens qui se sentent trahis ?

Arnaud Montebourg qui était invité hier à Médiapart pour une entrevue de 2 heures, a tenté de résoudre ce problème.
Il n'est pas inutile de se souvenir de ses déclarations de candidat pour les comparer avec celles du ministre en exercice.

"Quant à la « règle d’or » – une idée en vigueur depuis déjà vingt ans dans l’union européenne à travers le pacte de stabilité  -  elle est quant à elle la signature d’un dogmatisme délétère. Cette « règle d’or »  risque de devenir un fardeau lourd comme du plomb pour les peuples européens. Si la seule politique économique commune est celle qui précipite notre continent dans la récession, c’est le meilleur moyen de détruire la construction européenne !" AM - 17-08-2011

Concernant son abstention lors de la validation du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui est un préalable à la ratification du TSCG, il déclare, après avoir reconnu ses avantages, que "le refus d’approuver ce traité, tout en souhaitant une solidarité financière entre pays membres de la zone Euro, signe dès aujourd’hui l’absence de majorité au Parlement en cas de victoire de la gauche pour la ratification du traité Merkel-Sarkozy, que la France ne ratifiera donc pas, après l’élection présidentielle du mois de mai.
La renégociation vient donc d’être inévitablement inscrite à l’ordre du jour par nos votes."
 AM - 22-02-2012

C'est bien sur cette renégociation que se base Montebourg pour justifier son apparent revirement :

«Ce traité n’est plus seul ! Il y a eu à côté un certain nombre d’avancées et il devient particulièrement absurde de voter contre ce que nous avons obtenu. On ne peut pas saucissonner un ensemble !
- l’évolution du rôle de la banque centrale n’est pas indifférente : c’est notre revendication depuis dix ans
- la taxe sur les transactions financières, on la demande depuis dix ans
- la supervision des banques par la BCE : je demandais pendant la primaire socialiste la mise sous tutelle des banques. Et nous l’avons emporté !
- enfin le pacte de croissance de 120 milliards d'euros. Oui, bien sûr, le manque d’ambition est patent, il faudrait 120 milliards par an, mais c'est mieux que rien»
Il ajoute : « Nous avons "arraché" des avancées dans le TSCG nous ne pouvons pas ne pas accepter de poursuivre le processus. A moins de sortir de l'Europe».

De cette analyse, le ministre tire la conclusion que «ce pacte est devenu acceptable par les contreparties que nous avons obtenues. Est-ce que c’est suffisant, est-ce que c’est le nirvana, est-ce qu'on va tomber en pamoison ? Non, bien sûr, certainement pas, et c’est pour cela qu’il faut continuer, nous devons repartir à la bataille.»

Concernant la supervision des banques, Jean Quatremer apporte des précisions techniques sur son blog "Coulisses de Bruxelles" en soulignant lui aussi que ce n'est qu'une étape dans un long processus :

"La supervision n’est qu’une première étape : il faut encore créer une autorité européenne chargée de résoudre les crises bancaires, un fonds de résolution alimenté par une taxe sur les banques qui pourra être adossé au MES, et une garantie européenne des dépôts bancaires des particuliers afin d’éviter toute panique en cas de problème (bank run) pour que l’on puisse parler d’union bancaire. Pour l’instant, les textes sur la table proposent seulement de créer des systèmes nationaux de résolution et de garantie, ce qui est insuffisant".

 Cette négociation à l'arraché semble prendre des aspects inattendus. C'est ce que semble montrer cet article de BFM TV qui souligne que dans l'article 16 (point III) du projet de loi organique sur les dépenses publiques du 19 septembre, le caractère automatique et contraignant de correction en cas d'écarts budgétaires importants a complètement disparu, contrairement à ce qui est inscrit dans l'article 3 du traité budgétaire européen (un mécanisme de correction se déclenche automatiquement si des écarts importants sont constatés) pour devenir une mention obscure : "Il est tenu compte par le Gouvernement d’un écart important au plus tard lors de l’élaboration du plus prochain projet de loi de finances de l’année ou projet de loi de financement de la sécurité sociale de l’année".
 

mercredi 5 septembre 2012

Une tornade, même médiatique, n'est que du vent



La presse française "de gauche" (et les guillemets s'imposent) semble désemparée d'avoir perdu sa victime préférée, le sarkozysme et les griefs qu'elle lui attribuait.

Jegoun, l'illustre blogueur Hollandophile de la première heure, ne peut que la qualifier de lamentable.

Même Médiapart, selon le camarade-blogueur Juan, tourne en rond.
"Le site suit la ligne de la quasi-totalité des autres médias. Pour un fidèle lecteur de Mediapart qui cherchait, hier comme aujourd'hui, autre chose que la nourriture médiatique habituelle... c'est troublant."

Le célèbre blogueur de gauche (tendance écolo) qui animait "Sarkofrance",  c'était posé la question lui-même de son avenir après le 6 mai, puisque l'anti-sarkozysme était son fond de commerce.

Ce qui semble se passer dans l'ambiance médiatique actuelle est le reflet de ce malaise face à la célèbre "normalité" Hollandaise. Que ne s'agite-t-il pas comme son prédécesseur ?

La recherche de la dose de sensationnel est toujours nécessaire, comme hier.
Alors le ton reste à l'opposition, quitte à broder et fantasmer… c'est un peu comme si il suffisait de transposer le cocktail finement dosé entre les compromissions, concussions et autres malversations qui remplirent les bonnes feuilles de la presse politique, de l'ancien gouvernement au nouveau.
Comme si l'information avait besoin des travers qu'elle critiquait hier pour continuer à vivre, en quelque sorte.

L'affaire de la Banque Publique d'Investissement en est le reflet.
C'est Jean-Luc Mélenchon qui ne mâche pas ses mots à propos des médias, comme à son habitude, pour dénoncer la grossière manœuvre :

" Comme il y est question du rôle de la presse dans la diffusion de la propagande des services nord-américains, j’en viens à la contagion des méthodes de rumeurs et d’insinuations calomniatrices en prenant l’exemple du « Nouvel Observateur » et de son agression contre la journaliste Audrey Pulvar et le ministre Arnaud Montebourg.
(...)
Une autre transgression m’a fait frissonner aussi. Mais de dégout. Je ne parle pas des habituels couplets nauséabonds contre moi. Je parle de l’insinuation gratuite et sans aucune preuve destinée à flétrir Audrey Pulvar et la tête à claque du MEDEF, le sieur ministre Montebourg. Sans aucune preuve il s’agissait de faire croire que la nomination de madame Pulvar était la contrepartie d’un échange d’attribution de marché public à la banque de Matthieu Pigasse !
Naturellement personne d’informé ne peut croire une histoire pareille. 
Ni Audrey Pulvar de son côté, ni la banque Lazarre du sien n’ont besoin de tels arrangements pour atteindre leurs objectifs. « Le Nouvel Observateur » a donc menti de sang-froid, pour nuire. Son fond de commerce dans ce cas a été le voyeurisme et le machisme ordinaire misant sur le sentiment de méfiance généralisée que le journal lui-même qualifierait d’ordinaire de « populisme » et nous de démagogie ! Le vrai scandale est ailleurs.
(…)Le vrai scandale est qu’un hebdomadaire calomnie impunément pour prouver au gouvernement sa capacité de nuisance et accélérer certaines promotions individuelles attendues ! Quand elles se révéleront dans les nominations à la télé publique ou à la radio publique vous saurez comment elles sont parvenues à s’imposer. Parvenu, c’est le mot."
Peu importe les dénégations des intéressés, ni que la vraie question qui doit nous interroger soit masquée par cette sordide chanson, sur l'air du "tous pourris".

C'est bien le sort de la BPI qui est en jeu. Et les divergences au sein du gouvernement  concernant sa conception sont le vrai sujet.
Tout le reste, cette tornade médiatique qui mêle vie privée, politique et affairisme, n'est que du vent, et dans la régate gouvernementale, on peut se demander à qui il profite.

lundi 3 septembre 2012

Lemtrada et Campath ou le cynisme de Sanofi




Genzyme, un laboratoire Américain, produisait sous le nom commercial de Campath, un médicament (alemtuzumab) efficace pour une maladie peu fréquente, la leucémie lymphoïde chronique.

Puis, on découvrit que la molécule d'alemtuzumab était efficace dans le traitement de la sclérose en plaque (SEP), pour un coût quatre à cinq fois moins cher que les autres médicaments actuellement sur le marché. Le géant Sanofi-Aventis lança alors une OPA pour racheter (plus de 20 milliards de dollars) le propriétaire de cette fabuleuse molécule, en 2011.

Un coût moins cher raisonne mal aux oreilles des actionnaires. La cupidité étant la seule valeur morale du commerce, et des rumeurs de traitement de la SEP à base de Campath se faisant jour, les humanistes qui dirigent Sanofi décidèrent d'utiliser la ruse du maquignon andalou : convertir un vieux cheval en bel étalon en lui donnant un coup de teinture.

Dans le cas présent, cela se traduit en retirant Campath du marché pour le ressortir avec un dosage différent sous le nom de Lemtrada, et une nouvelle indication thérapeutique.
Bien entendu, le retrait du Campath permettra aussi à Sanofi d'ajuster le prix du Lemtrada pour le rapprocher de celui de ses concurrents dans le traitement de la SEP (4 à 5 fois plus cher, n'est-ce-pas ?).

Il faut dire que le traitement de la leucémie avec Campath n'avait rapporté que 76 millions de dollars en 2011, alors que le Lemtrada pourrait en rapporter 400 en 2018 avec sa nouvelle indication (et son nouveau prix). Tout ça vaut bien qu'on prive les leucémiques de leur traitement.

Les analystes financiers applaudissent... Il ne reste plus qu'à obtenir la nouvelle autorisation de mise sur le marché américain, et c'est un beau retour sur investissement qui se profile, en tout humanisme.

D'après Lutte Ouvrière, Capital Direct Matin