vendredi 1 mars 2013

Sylvie Andrieux : une victime médiatique



Connaissez-vous Sylvie Andrieux ?

On commence à parler dans les médias de cette députée PS des Bouches-du-Rhône qui est accusée de détournement de fonds publics.
En lisant la presse, on peut se faire une idée de qui est Andrieux… Mais cette vision ne correspond vraiment pas à l'image qu'en ont ceux qui connaissent la députée.
Je suis de ceux-là. Ayant des amis en commun avec cette élue, m'étant impliqué dans la campagne des primaires socialistes, puis dans la campagne présidentielle, j'ai rencontré souvent Sylvie Andrieux. Et la lecture des articles la concernant me laisse pantois.

Jugez plutôt : dans La Provence, le 7 janvier, un article consacré aux procès de l'année résume les faits qu'on lui reproche. Des subventions ont été versées à des associations fictives dans le cadre de la "politique de la ville", dont Andrieux avait la délégation, en tant qu'élue régionale et vice-présidente de la Région.  Pour illustrer cette affaire, le journal cite une des personnes impliquées (anonyme) : "Dans le quartier, il se dit que le parrain, c'est Mme Andrieux et que rien ne se fait sans elle".
Hier, dans le Parisien, cette citation est reprise de la même manière dans un article lui aussi consacré à cette affaire, mais cette fois en intertitre : "Dans les quartiers, il se dit que le parrain, c’est Mme Andrieux" et cette citation est cette fois placée dans la bouche "d'un dirigeant d'association", sans préciser que cette personne est impliquée dans l'affaire.
Un peu plus loin, le journaliste rajoute : Certains dénoncent aussi le comportement autoritaire et brutal de l’élue. L’une assure qu’« avec Mme Andrieux, on était dans un monde de menaces ».

Tout lecteur découvrant cette affaire selon ces lectures se fera évidemment une image particulièrement noire de la députée. Un "parrain" qui menace avec brutalité… ajoutons la réputation sulfureuse de Marseille, avec ses trafics et ses assassinats, et voilà Sylvie Andrieux habillée pour l'hiver… et le printemps.

Cette image est  fausse. Je vais démontrer pourquoi, et comment les approximations journalistiques, volontairement ou par négligence (je n'en sais rien), peuvent détruire l'image d'une personne et fouler aux pieds la présomption d'innocence par des insinuations sans objectivité.

Le dirigeant d'association dont les paroles font les délices des journalistes s'appelle Abderrazak Zeroual. Il est impliqué dans ces détournements de fonds, a été largement bénéficiaire des escroqueries. Il est défavorablement connu des services de police et possède un lourd passé judiciaire. D'autre part, c'est un adversaire politique de Sylvie Andrieux, proche de l'Ump, et qui, à ce titre, a été assesseur et président de bureaux de vote pour l'Ump. On interprétera donc l'exagération de ses propos ("parrain des quartiers nord") à la lumière de son engagement partisan.

On comprend aussi pourquoi les journalistes ne citent pas l'identité du personnage : celle-ci annule l'aspect "sensationnel" du "scoop". On peut aussi s'interroger sur leur éthique. Négligence ? Volonté délibérée ? Travail de commande à but politique ? Je n'en sais rien, encore une fois, mais je m'interroge…

Venons-en à ceux qui dénoncent le comportement autoritaire et brutal de l'élue : en réalité, cette affirmation est celle d'une chef de service de la Région, qui a eu UNE conversation téléphonique houleuse avec Andrieux au sujet d'un dossier de subvention. Il s'avère que l'association qui a provoqué cette dispute n'était pas une de celles soupçonnées de fraude et que l'objet du litige portait sur un dossier de demande de subvention qui n'était pas complet. Rien de bien terrible, en réalité. Là encore, cette affirmation de comportement autoritaire et brutal ne repose que sur un coup de téléphone, sorti de son contexte.

Je ne veux pas me substituer à la justice, qui est seule habilitée à décider de la culpabilité ou de l'innocence de Sylvie Andrieux. Mon propos est juste de rétablir les faits tels qu'ils se sont produits, et d'apporter un éclairage objectif sur des allégations colportées dans la presse qui me semblent fallacieuses.
Peut-être que l'image que j'ai de la députée n'est pas juste, c'est possible, mais à mes yeux Sylvie Andrieux est une personne intègre et chaleureuse.
Quoi qu'il en soit, cette image que j'en ai ne correspond pas à celle qu'en donnent les médias, et je veux l'exprimer en toute sincérité.

Sylvie Andrieux a été réélue au mois de juin pour la troisième fois, ce qui justifie à mes yeux que ceux qui la connaissent lui accordent leur confiance et la lui renouvellent. Ainsi que le dit Patrick Mennucci, son collègue de l'Assemblée Nationale : « Elle a un secteur en or, elle gagne toujours haut la main, pourquoi prendrait-elle de tels risques ?. » En effet, la justice ne lui reproche ni enrichissement personnel, ni à destination de son parti.

Pour finir, je lui laisse la parole, telle qu'elle l'a exprimée dans une interview au Parisien : "Je souhaite, au terme de ces débats, être relaxée et que mon honneur soit enfin lavé de toutes les infamies qui ont été déversées sur mon compte depuis tant d’années. Je tiens à préciser que l’enquête du juge d’instruction a mis en évidence que je n’avais jamais commis une escroquerie ou tentative d’escroquerie. Le magistrat a décidé, malgré tout, de me renvoyer devant le tribunal pour détournement de fonds publics. Cette accusation n’est absolument pas étayée par des faits et elle est rigoureusement sans rapport avec l’escroquerie dont a été victime la région. Je dirai toute la vérité et j’apporterai les preuves."

Le traitement médiatique de cette affaire a déjà détruit l'image et l'honneur de cette élue de la Nation. Je souhaite que les journalistes qui traiteront cette affaire dans les prochains jours le fassent avec toute l'éthique et la déontologie que les citoyens attendent de leur profession.

La justice rendra son verdict à la fin du mois.

5 commentaires:

Juan Sarkofrance a dit…

Bravo. J'avoue que je suis resté comme le lecteur lambda découvrant cette affaire l'an dernier. Ton article est de salubrité publique.

Rimbus a dit…

Merci Juan de ton appréciation. Puisque cet article est de salubrité publique, selon toi, n'hésites pas à le faire buzzer : ton influence est sans comparaison avec la mienne ;-)

estelle92 a dit…

Moi aussi je découvre qu'elle n'est peut-être pas coupable.
Mais franchement, la presse... C'est assez scandaleux !
J'espère qu'elle sera blanchie, sinon je reviendrai la nuit te tirer les pieds pour m'avoir induite en erreur !

Anonyme a dit…

En fait, cette affaire, c'est un petit truan d'une assis Sarkozyste qui ne supporte pas que les deniers de l'Etat se dirigent cette fois ci du coté du camp adverse.

Ces mauvais perdants sont abjects, ils feraient mieux de réaliser qu'ils ne peuvent pas gagner à tous les coups. Chacun son tour.

Rimbus a dit…

Estelle, je ne me prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence de SA, je ne suis pas juge. J'ai mon opinion, j'ai des éléments pour l'étayer, mais je ne me prononce pas publiquement là-dessus. Pas encore, en tout cas ;-)