jeudi 11 avril 2013

Pinel contre les auto-entrepreneurs



Le régime de l'auto-entrepreneur a été créé par la loi de modernisation de l'économie (LME) d'août 2008. Il s'applique depuis le 1er janvier 2009 aux personnes physiques qui créent ou possèdent déjà une entreprise individuelle pour exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale (hormis certaines activités), à titre principal ou complémentaire.

Ils sont 800 000 et génèrent un peu plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaire par trimestre. Près de la moitié ne dégagen pas de chiffre d'affaires, 90% de l'autre moitié réalisant un chiffre d'affaires inférieur au Smic. (source)

Qui sont-ils ?
70% des auto-entrepreneurs sont des hommes (contre seulement 63% pour les créateurs d'entreprises classiques). Leur âge moyen est de 40 ans (37,5 ans pour les autres entrepreneurs), et 8% des auto-entrepreneurs sont des retraités (soit deux fois plus que chez les créateurs d'entreprises classiques). Il y a moins de jeunes auto-entrepreneurs : 21% ont moins de 30 ans, contre 28% en moyenne pour les créateurs d'entreprise ces dernières années. 31,2% des auto-entrepreneurs sont sans-emploi, et 36,7% sont salariés.
(source, chiffres 2009)

Le gouvernement souhaite limiter à quelques années le bénéfice du régime de l'auto-entrepreneur lorsqu'il est utilisé pour exercer une activité principale, dans le but affiché de favoriser la création d'entreprises classiques à plus fort potentiel de croissance. Or, l'Inspection générale des Finances (IGS) et l'Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) ont remis à Sylvia Pinel un rapport d'évaluation du régime créé en 2009 qui préconise l'inverse. Celui-ci recommande en effet d'"accompagner l'auto-entrepreneur dans la pérennisation et le développement de son activité", mais ne préconise pas de limitation dans le temps. (source)

Alternative au chômage, à la précarité salariale, au travail au noir, ce statut pragmatique et de bon sens, en temps de crise, de destruction d'emplois et de recul du pouvoir d'achat, ne plait guère à la représentante PRG du gouvernement.
Pourtant, ce statut simplifié semble conforme "au choc de simplification" vanté par le président de la République… non ?
Messieurs les auto-entrepreneurs, vous qui avez l'outrecuidance de travailler pour moins qu'un Smic plutôt que de vous complaire au RSA, soyez intelligents, semble leur dire Sylvia Pinel, travaillez au noir et touchez des allocations.

Si c'était pour qu'on récupère Sylvia Pinel au gouvernement, M. Baylet aurait mieux fait de s'abstenir de participer aux primaires de gauche l'an dernier.

2 commentaires:

Elooooody a dit…

Et sinon, le Gouvernement, il prévoit bien sûr d'accompagner financièrement les AE pour qu'ils développent leur entreprise perso?
On se demande bien finalement qu'est-ce qui coûterait le plus cher...
Sont graves...

Louis a dit…

Bonjour,
J'aime beaucoup votre vision des choses et il est vrai que cela peut largement être interprété ainsi.
Je pense que le plus gros problème de l'auto-entreprise est le manque de prise de conscience des obligations par les créateurs. Le statut étant trop largement perçu comme une solution positive et "sans risque".
Les risques existent et sont nombreux et la garantie de réussite l'est nettement moins. Comme en plus l'auto-entrepreneur est taxé dès le premier centime gagné comme s'il était bénéficiaire et qu'il ne peut pas déduire ses frais, sur le plan social le statut a de nombreuses lacunes qui doivent coûter trop pour être améliorer....