lundi 6 mai 2013

Une année gâchée…








Une année gâchée… c'est ce qui ressort des déclarations des leaders du Front de Gauche.
Ceux-ci s'attachent à parler de l'action générale du gouvernement d'inspiration trop social-libérale selon eux.

Certes, les cadeaux aux chefs d'entreprises sont importants. La fiscalité sur les parts de capital ne rejoint pas celle du travail, le code du Travail est malmené, un plan de compétitivité mobilise des milliards pour l'investissement productif.

Pour les citoyens confrontés à la précarité, sociale et économique, peu d'avantages concrets, beaucoup de contributions demandées.
Il faut être juste : tout changement oblige à une phase de danger, d'immobilisme, d'inquiétudes. De nouvelles mesures sont mises en place et leurs effets ne se font pas encore sentir. Quand un navire contre le vent doit tirer un bord, il est un moment où les voiles fasseillent avant qu'on les borde dans l'autre sens.

D'autre part, cette année n'en est pas une… l'action ne peut vraiment commencer qu'après les élections législatives, juste avant la coupure de l'été. En réalité, il n'y a que 8 mois que le nouveau président a mis réellement en place les dispositifs de sa politique. Les quatre derniers mois ont été particulièrement difficiles.

Il y a des points positifs à défendre néanmoins.
La règle d'or, cet équilibre budgétaire centré autour d'un seuil subjectif de 3 % est renvoyé aux calendes grecques. C'était prévu, mais il fallait faire semblant de s'y tenir… L'austérité devant découler de cette rigueur budgétaire sera moins sévère.
Et puis bien sûr il y a ce plan de réformes mis en place, mais qu'on ne pourra juger qu'en en mesurant les effets à venir.

Le gouvernement est bien face au vent, contraint de tirer des bords, à droite (Moscovici), à gauche (Montebourg), pour avancer lentement dans une direction qu'on perçoit mal. Son action est effectivement embrouillée, faite de concessions et de reculades, de maladresses, de désaccords et de divergences. 
François Hollande est pris au piège de la Ve République, qui nécessite un chef tout puissant. Lui, l'homme des conciliations et des non-dits, s'empêtre dans un communication mal gérée.
Faut-il être un Chirac, tirant des ficelles caché dans son château, ou un Sarkozy, omniprésent et opportuniste ? Hollande n'a pas encore trouvé son style, enfin, c'est ce qu'il faut espérer…
L'opinion se détourne de lui… comment pourrait-il en être autrement ?
Le scandale Cahuzac a été fatal à son image. Pour n'avoir pas su gérer cette crise, il est passé pour un complice, ou un imbécile, au choix, et tout le gouvernement avec.

L'absurde polémique du "Mariage pour tous" a divisé une population sur une question de principe bien inutile à la majorité de la population, hétérosexuelle, de culture judéo-chrétienne et donc marquée par un certain conservatisme. La masse pétrie de bondieuserie qui fait le cœur de la France, choquée par les positions extrémistes de Sarkozy voyait dans le président normal un refuge pour les valeurs familiales traditionnelle. Elle est bien déçue.
Bien entendu, la question sociétale du mariage pour tous n'est pas sans intérêt, mais c'est le genre d'occupation parfaite pour une société optimiste et aisée, à l'économie florissante qui peut en débattre (voire se battre) à loisir.

Dans le contexte actuel, c'est une faute politique. On pourrait se réjouir de voir la gauche unie sur cette question accessoire, si en réalité elle n'était pas fracturée sur l'essentiel. Et la fracture est profonde. Face aux provocations du Front de Gauche, le gouvernement réplique pour bien réaffirmer ses différences et aggraver la rupture. Les prochaines élections municipale sont donc déjà perdues pour la gauche, puisqu'il n'y a pas d'union possible.

On pouvait penser que le gouvernement aurait cherché à diviser le Front de Gauche, en s'appuyant sur les communistes, les mieux représentés localement, mais là aussi il multiplie les camouflets au parlement. Si il aime les questions de principe pour les homosexuels, il ne les aime pas pour les syndicalistes. La loi d'amnistie demandée par les communistes est retoquée à l'Assemblée Nationale après avoir été soutenue au Sénat.

Cacophonie encore, quand les députés socialistes, et le premier d'entre eux, Bartolone, demandent un "deuxième temps du quinquennat, quand ils rechignent à voter les lois de Jean-Marc Ayrault.

Certains peuvent se réjouir de cet anniversaire de l'alternance. Ils abusent de la célèbre méthode Coué, en chantant "tout va très bien, Madame la Marquise"… Ils sont dans leur rôle mais ne trompent personne.

Mieux vaut faire un bilan lucide :
Cette première année ressemble surtout à celle des débutants. Le fond est bon, mais la forme est déplorable. La sanctions prévisible des municipales sera un électrochoc, et les choses devraient s'améliorer ensuite, puisqu'elles peuvent difficilement être pire.

De toute façon, on n'a pas le choix.

3 commentaires:

Un partageux a dit…

Chez moi le PS cherche des alliances avec le Modem (c'est à peu près bouclé) et avec l'UDI (ça devrait aussi se faire). Le but est de sauver les meubles. Et aussi de s'affranchir du FdG et des écolos qui deviennent trop exigeants dans le contenu du programme aux yeux des caciques socialistes.

Globalement tous les caciques socialistes de ma région commencent à s'inquiéter des résultats électoraux aux municipales et régionales. L'un d'eux m'avouait craindre "une branlée comme on en a jamais connue ici".

Anonyme a dit…

Dire que la société françaises catholique est inévitablement conservatrice et imprégnée de bondieuserie est un cliché un peu gros. Personnellement je suis athée mais je connais des croyants de Droite bien moins intolérants que certains extrémistes de gauche....
D....;)

InternetDev a dit…

à gauche (Montebourg)

Est-ce une blague ???


Montebourg est avocat, il se place où François Hollande lui demande de se positionner.
S'il était de gauche il n'aurait jamais accepter d'être dans le même gouvernement que Valls, et moins encore quand celui-ci devint chef du gouvernement.
Montebourg est une arnaque.