mardi 17 septembre 2013

Chimiothérapie syrienne



Je dois reconnaître que je ne sais pas ce qu'il faudrait faire pour résoudre la crise syrienne et mettre un terme à la guerre civile.

Je suis bien conscient qu'il y a énormément d'inconnus dans ce conflit, que les intérêts stratégiques des différents protagonistes sont complexes à cerner, mais surtout je comprends que cette guerre est aussi médiatique, et que chaque information doit être prise avec circonspection, avec méfiance, même.

Néanmoins, quand j'ai vu les esprits s'exalter sur l'utilisation des armes chimiques, j'ai tout de suite ressenti qu'il y avait là un effet de posture, celle bien connue de la vertu et du bien s'opposant au vice et au mal.

Je n'ai jamais adhéré à cette vision manichéenne des choses, il y a longtemps que je ne crois plus au bien et au mal comme deux entités opposées.

Dans un premier temps, le procédé est efficace. D'un point de vue médiatique, l'arme chimique est parfaite pour séduire des opinions dont l'encéphale a depuis longtemps été formaté pour n'ingurgiter que des pensées simplistes illustrées d'images choc : les tragiques convulsions des martyrs gazés, largement diffusées, nous renvoient à notre triste passé européen et constituent le repoussoir ultime qui doit souder les unions nationales.

Ces 2 % de syriens victimes du gaz mortel seront la justification de l'ingérence. Le crime contre l'humanité est constitué.

Les 98 % restant ne valent rien… morts sous la torture, sous les balles, sous les bombes, tout cela na vaut pas, dans cette logique de vertueuse imbécillité, qu'on se mobilise pour stopper le massacre.

Bachar el-Assad, en acceptant le plan proposé par les USA et la Russie (renoncer officiellement à ses armes chimiques et les détruire), éloigne avec beaucoup de finesse tout risque de frappe internationale. Et il aurait bien tort de ne pas suivre scrupuleusement ces directives : non seulement il anéanti le réquisitoire de ceux qui l'accusent, mais il se refait même une nouvelle image internationale, celle d'un homme ouvert au dialogue et respectueux des règles internationales.

Quant à la diplomatie internationale, et aux défenseurs des valeurs universelles (dernière des utopies post-coloniales), ils démontrent la sottise de leur action ; le message qu'ils font passer c'est qu'on peut tuer des milliers de personnes, mais qu'il faut le faire avec les canons, des grenades, des fusils, des baillonettes ou des coups de poings…

Le régime dictatorial de la Syrie était bien malade, mais avec une utilisation bien dosée de produit chimique, le docteur El-Assad a démontré qu'une guérison était encore possible.

Lire sur Slate : La victoire d'Assad

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