mardi 23 avril 2013

Enfin, le divorce accordé aux homosexuels !



"Le mariage est la cause principale de divorce"
- Oscar Wilde -

Pas de souci, Divorce Gay règle au mieux vos petits différents sentimentaux, de manière sonnante et trébuchante.

Enjoy !

lundi 22 avril 2013

Errare humanum est, perseverare diabolicum


Change de cap, président, change de cap !

Les parlementaires reprennent la main : « Nous voulons nous affranchir des 3% de déficit budgétaire. Mais après, cela ne peut pas être une plongée dans le vide. Donc nous avons voulu donner du contenu et faire des propositions. Sans changement de cap, on va dans l’impasse avec une spirale rigueur-récession qui va s’enclencher », prévient la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann.

La contestation est positive quand elle propose des alternatives.

C'est ce qu'a fait le courant "Maintenant la gauche !" en présentant un argumentaire détaillé d’une trentaine de pages. Soit un plan de relance de 44 milliards d’euros jouant à la fois sur la consommation et sur des investissements publics (lignes à grande vitesse, haut débit, voitures électriques, etc.). Le tout soutenu par un emprunt national.

Change de cap, président, les 3 % de déficit sont un leurre, Guy Abeille, l'un des concepteurs de ce chiffre mystique l'avait révélé. Le taux d'endettement à 90 % du PIB est tout aussi subjectif, les experts le reconnaissent volontiers.

L'erreur est humaine, mais il ne faut pas s'enfermer dans des dogmes, rien ne serait pire.

L'austérité ne mène à rien. "Le sérieux budgétaire, s'il tue la croissance, n'est plus sérieux. Il est absurde et dangereux", a expliqué  Arnaud Montebourg, avant de poursuivre : "la politique d'austérité imposée par l'Europe est elle soutenue par nos concitoyens ? La réponse est non. Elle est rejetée par tous les peuples. Donc s'il y a une crise de régime, c'est au niveau de l'Union européenne, où il n'y a nul débat démocratique sur les causes et les conséquences de cette politique d'austérité qui nous entraîne collectivement dans une spirale récessive."

D'autre part, le commissaire général à l'investissement Louis Gallois a estimé, dimanche 21 avril, que l'Europe était en train de prendre "conscience que l'addition des politiques d'austérité conduit dans le mur".

Il est temps de pousser la barre à gauche, de relancer la consommation, donc la production.

Change de cap, président.

dimanche 21 avril 2013

Au printemps



"Tout Paris
Se changera en baisers
Parfois même en grand soir
Vois tout Paris
Se change en pâturage
Pour troupeaux d´amoureux
Aux bergères peu sages
Vois tout Paris
Joue la fête au village
Pour bénir au soleil
Ces nouveaux mariages"


Vous y croyez toujours à la lutte des classes, vous ?


L’accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l’emploi n'est pas un sujet populaire. D'ailleurs Gérard Filoche l'explique très bien, fort de ses 30 ans d'inspecteur du travail : le code du travail est le plus méconnu de tous les codes, et c'est la hantise des chefs d'entreprise.

C'est bien pour cela qu'on s'arrange pour ne pas trop en parler. Sur l'audiovisuel public, le sujet est déprogrammé, ainsi que les interventions de Filoche. Arrêt sur Images l'a évoqué il y a peu, et avait déjà constitué un solide dossier sur le sujet, en détaillant les dangers de cet accord trop inspiré des désirs du Medef (A lire ici).

L'article cite la vidéo ci-dessus en ces termes : "Invité à Argelès-sur-Mer le 14 mars dernier, Filoche tient conférence pendant une heure et quart. Sans notes. Juste un micro. Autant le site est confus, autant sa parole est limpide. Excellent tribun, l’homme nous tient jusqu’au bout de sa démonstration. Son fil rouge est de nous prouver que le diable se cache dans les détails", et se conclu en ces termes : "Je vous invite à regarder entièrement cette vidéo. Sans elle vous aurez du mal à comprendre l'ensemble des enjeux de l’ANI."

Mais comme 35 députés socialistes ont préféré s'abstenir sur le projet de loi la semaine dernière, le gouvernement a utilisé samedi la procédure du vote bloqué pour accélérer l’adoption du projet de loi sur l'emploi au Sénat, où Marie-Noëlle Lienemann est une des socialistes les plus opposée au texte. "Un déni de démocratie", attaque le PCF vent debout contre cette procédure. Eliane Assassi, chef du groupe communiste déclare au JDD : "Je leur avais dit que le temps prévu ne suffirait pas. Ce coup de force lourd de conséquences ne restera pas sans lendemain", menace-t-elle. Avant de conclure lapidaire que ce projet n’est pas "un texte de gauche".

Bien moins médiatique que l'affaire Cahuzac ou le Mariage pour tous, cette loi sur l'emploi est pourtant l'acte de trahison du gouvernement a son idéologie fondée sur la lutte sociale.
Cahuzac, justement, lançait il y a quelques temps à Jean-Luc Mélenchon, pendant leur débat télévisé : "vous croyez toujours à la lutte des classes vous ?  je n'y ai jamais cru."

Cahuzac le traître si commode, comme Goldstein dans 1984 d'Orwell, n'est plus là, mais la vraie trahison est toujours présente, pour rompre avec des siècles de progrès continu des conditions de travail.

mardi 16 avril 2013

Lettre à Basile de Koch



Monsieur de Koch,

c’est avec stupéfaction que je découvre cette lettre à votre frère, Karl Zéro, dans laquelle vous défendez votre compagne, Frigide Barjot. 
Je vois que vous n’y mentionnez pas “Le mariage pour personne”, et je dois en déduire que vous avez abandonné cette cause guidée par la justice et l’égalité. 

Pourtant, dans votre lettre à François Hollande du 10 janvier, vous aviez fait preuve d'une lucidité rare chez nos concitoyens pour décrire votre vision du mariage :
"Le mariage est le contraire du sentiment amoureux, enivrant et volatil : un astreignant et interminable CDI !
Oui à l’égalité, à condition qu’elle soit un progrès pour tous ! Les gays ont toujours été en avance d’une tendance ou d’un décalage. Au nom de quoi figer leurs amours dans un cadre bourgeois hérité du XIXème siècle le plus hypocrite ?
L’avancée sociétale, la vraie, c’est l’inverse : débarrasser aussi les hétéros de cette institution, dont ils ne se savent même plus pourquoi ils l’ont épousée !"
Que penser ce cette citation tirée de votre nouvelle lettre de ce jour ?
"Ce jour-là, j’ai appris que tu étais un chaud partisan du « mariage pour tous » – sauf pour moi."
N’auriez-vous embrassé cette noble cause que par votre goût du pastiche et de la dérision ?
Si cela était, sachez que vous ne sortiriez pas grandi de cette triste farce, et que vous ne mériteriez que le mépris de ceux qui vous auriez trahis.

Le Mariage pour personne est une alternative moderne, laïque et novatrice à cette fracture violente qui déchire notre société. 
Victor Hugo a usé d'une belle métaphore pour décrire cette stupidité qu'est le mariage :
« Le plus sot endroit où l’on puisse fourrer son museau, c’est une muselière. Les chiens du moins ne le font que de force ; l’homme est assez bête pour le faire de plein gré, le jour où il se marie. »

Je vous demande, M. de Koch, de vous expliquer clairement sur votre position concernant le Mariage pour personne, en acceptant de mettre en sommeil vos habituelles postures burlesques et vos fanfaronnades. 

Maire, notaire, belle-mère : halte à la galère !

jeudi 11 avril 2013

Pinel contre les auto-entrepreneurs



Le régime de l'auto-entrepreneur a été créé par la loi de modernisation de l'économie (LME) d'août 2008. Il s'applique depuis le 1er janvier 2009 aux personnes physiques qui créent ou possèdent déjà une entreprise individuelle pour exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale (hormis certaines activités), à titre principal ou complémentaire.

Ils sont 800 000 et génèrent un peu plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaire par trimestre. Près de la moitié ne dégagen pas de chiffre d'affaires, 90% de l'autre moitié réalisant un chiffre d'affaires inférieur au Smic. (source)

Qui sont-ils ?
70% des auto-entrepreneurs sont des hommes (contre seulement 63% pour les créateurs d'entreprises classiques). Leur âge moyen est de 40 ans (37,5 ans pour les autres entrepreneurs), et 8% des auto-entrepreneurs sont des retraités (soit deux fois plus que chez les créateurs d'entreprises classiques). Il y a moins de jeunes auto-entrepreneurs : 21% ont moins de 30 ans, contre 28% en moyenne pour les créateurs d'entreprise ces dernières années. 31,2% des auto-entrepreneurs sont sans-emploi, et 36,7% sont salariés.
(source, chiffres 2009)

Le gouvernement souhaite limiter à quelques années le bénéfice du régime de l'auto-entrepreneur lorsqu'il est utilisé pour exercer une activité principale, dans le but affiché de favoriser la création d'entreprises classiques à plus fort potentiel de croissance. Or, l'Inspection générale des Finances (IGS) et l'Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) ont remis à Sylvia Pinel un rapport d'évaluation du régime créé en 2009 qui préconise l'inverse. Celui-ci recommande en effet d'"accompagner l'auto-entrepreneur dans la pérennisation et le développement de son activité", mais ne préconise pas de limitation dans le temps. (source)

Alternative au chômage, à la précarité salariale, au travail au noir, ce statut pragmatique et de bon sens, en temps de crise, de destruction d'emplois et de recul du pouvoir d'achat, ne plait guère à la représentante PRG du gouvernement.
Pourtant, ce statut simplifié semble conforme "au choc de simplification" vanté par le président de la République… non ?
Messieurs les auto-entrepreneurs, vous qui avez l'outrecuidance de travailler pour moins qu'un Smic plutôt que de vous complaire au RSA, soyez intelligents, semble leur dire Sylvia Pinel, travaillez au noir et touchez des allocations.

Si c'était pour qu'on récupère Sylvia Pinel au gouvernement, M. Baylet aurait mieux fait de s'abstenir de participer aux primaires de gauche l'an dernier.

vendredi 5 avril 2013

Seuls les imbéciles payent leurs impôts


Les impôts, on ne parle que de cela depuis un an.
Et toutes les affaires tournent plus ou moins autour de cette question fiscale.

Dans notre vie de tous les jours, le marketing s'est emparé de ce concept aussi vieux que l'état: comment échapper au gabelou ?

Les boîtes aux lettres débordent de prospectus, ou d'e-mails, pour des investissements immobiliers, des dons caritatifs, des cabinets de gestion financières, qui utilisent le même argument : payez moins d'impôts.

Devant ce matraquage incessant, le contribuable moyen est saisi de honte : comment ? je n'ai rien trouvé pour contourner cette charge que tous m'incitent à ne pas payer... Je suis donc un imbécile !

L'Etat lui-même multiplie les niches fiscales, lois Scellier, Duflot, Coppé… etc. Il nous donne ce message : ne payez pas d'impôt, vous seriez des imbéciles.
La plus célèbre niche fiscale n'est-elle pas celle du mariage ?
Mariez-vous, vous paierez moins d'impôts, nous dit la loi, associant ainsi l'amour à la défiscalisation… on ne pouvait trouver meilleur message.

Les hommes d'affaire se justifient d'avoir des sociétés dans des paradis fiscaux, au nom de l'efficacité, de leur sens intelligent des affaires et surtout de la légalité de leur démarche. Les hommes d'affaires ne sont pas des imbéciles, c'est bien connu.

Cette preuve d'intelligence fait, entre autre, qu'un minuscule archipel des Caraïbes, les îles Caïmans, est aujourd’hui le quatrième centre financier mondial.
Les actifs financiers qui sont cachés dans les paradis fiscaux seraient ainsi autour de 25 500 milliards de dollars, soit plus que l’addition des PIB des États-Unis et du Japon !

Les vedettes devenues millionnaires (et forcément affairistes) s'exilent hors de France avec fierté, comme des leaders charismatiques, pour dénoncer l'injustice de ce pays qui veut faire payer des impôts aux plus riches, comme s'ils étaient des imbéciles.

Ce bourrage de crâne fonctionne très bien. Pour ne pas passer pour des imbéciles, les contribuables échappent toujours plus à l'impôt.

Antoine Peillon (ici son blog sur Mediapart) affirme, sans être démenti ni contredit, que « les avoirs dissimulés au fisc français sont presque de l’ordre de toute la recette fiscale annuelle du pays » et que l’évasion fiscale, individus et entreprises confondus, « s’élève au minimum à 590 milliards d’euros, dont 108 milliards rien qu’en Suisse »

Bonne nouvelle ! Les Français ne sont pas des imbéciles.

A lire, sur Médiapart : Combattre la mafia de l'évasion fiscale par Edwy Plenel

jeudi 4 avril 2013

Montebourg, l'ultime recours



Arnaud Montebourg a porté des idées, pendant la campagne des primaires, qui semblent aujourd'hui des rêves : 6e République, transparence, moralité et régulation financière… Seul le renouveau productif, dont il s'occupe activement, est en application.

J'ai vu Montebourg mardi, à Marseille, alors que l'affaire Cahuzac venait d'exploser dans toute sa splendeur, comme le bouquet final qui marque la fin des festivités.

Fini de rire en effet. La République irréprochable n'est pas celle qu'on croyait.

Devant mes yeux qui recouvrent leur acuité, se profile une coterie digne de Florence, un mélange d'affairistes cupides dont la seule gloire est de savoir évoluer avec brio dans la zone grise des paradis fiscaux ou des comptes anonymes, une zone border line, ni illégale mais pas morale non plus. Exactement la même zone grise qui permet M. Takieddine de ne pas payer d'impôts ou de se louer à lui-même une demeure de roi, pour une somme dérisoire.

Cette zone qui est une grande lessiveuse et que Montebourg dénonçait en 2000, avec Vincent Peillon. Il est aujourd'hui dans la même équipe que ces aventuriers du lucre.

Il a parlé mardi, de cette 6e République dont nous avons besoin, pour refonder notre démocratie, parce qu'il faut assoir le redressement de la France sur des fondations solides, sans quoi tout s'écroule ou se fissure.

En apprenant les aveux de Cahuzac, il a dit que c'était comme s'il tombait de sa chaise, partagé entre colère et tristesse.
Et tous ses amis partagent cette rage… cette occasion manquée de voir appliquer des idées vertueuses, ces idées qu'on peut porter avec fierté, celles qui concrétisent nos rêves.



Il y a 3 ans, Montebourg déclarait : "Face à ce monde qui change, les remèdes gestionnaires de la social-démocratie, qui ont pu fonctionner par le passé, sont dépassés. Repenser la gauche et proposer enfin un nouveau modèle, voilà l’ambition  de mon projet".


Un projet dont nous avons toujours besoin. François Hollande devrait y réfléchir.